DSC00303Tempête est une chienne cocker américain de 10 ans qui a subi un grave accident de la voie publique : son arrière-train s’est retrouvé coincé sous les roues d’une voiture. Ses blessures la rendaient très difficilement manipulable, elle a donc été transportée à la clinique de Neuilly par les pompiers.

A son arrivée à la clinique, l’anamnèse montre des muqueuses roses, un rythme cardiaque de 60 battements par minute (moins que la moyenne requise). Les blessures de l’arrière-train sont extrêmement douloureuses pour la chienne qui réussit à se soulever, mais son postérieur droit ne la soutient plus efficacement.

Tempête est placée sous sédation à la médétomidine pour faciliter la suite des examens. Les radios révèlent une fracture du sacrum, plus ou moins du pubis, de l’ischium, de l’acétabulum droit. On note une tuméfaction des tissus mous du tarse gauche, les docteurs Bedossa et Benaim soupçonnent une entorse avec avulsion. Le thorax semble indemne, et l’examen biochimique est dans les normes.

Entrée à la clinique le 20 décembre 2014, Tempête y reste deux mois en soins. Outre les médicaments, Tempête fait beaucoup de travail physiologique avec ses soigneurs : 15 à 20 minutes de marche à l’aide d’une serviette qui lui maintient le bassin, exercice répété au moins 6 fois par jour ; les postérieurs « pédalent » patte par patte, dans un sens puis dans l’autre. Le travail est lent mais finit par payer, petit à petit Tempête remarche toute seule, jusqu’au jour où elle se met à courir sans aide lors d’une promenade autour de la clinique.

Sortie le 5 février avec une ordonnance d’antibiotiques pendant encore 15 jours, Tempête reviendra faire quelques brefs séjours à la clinique pour le suivi et pour soigner des escarres infectés.

A ce jour, Tempête est plutôt en forme et termine sa convalescence par un petit séjour à la ferme du refuge Aide aux Vieux Animaux.

Pour en savoir plus : voir notre fiche clinique sur les fractures du bassin

Lucien est un chat roux européen de 6 ans, vivant dans une maison avec jardin près de Fontainebleau. Bien qu’il soit castré, Lucien est un bagarreur qui n’hésite jamais à défendre son territoire.

Mi-février, une rixe assez violente l’a opposé à un chat intrus pendant plusieurs minutes, sur un sol gelé et relativement irrégulier. Le lendemain, Lucien démontrait une forte boiterie, vraisemblablement de l’épaule ou de l’antérieur gauche. Au bout de 48h d’anti-inflammatoires, pas d’amélioration. Même s’il est capable de sauter sur un fauteuil ou de descendre un escalier, on observe une réelle difficulté à se mouvoir.

Le chat n’étant évidemment pas exempt de plaies, griffures et morsures inhérentes à la bagarre, ces éléments pouvaient expliquer cette boiterie soudaine. Néanmoins, après une dizaine de jours de traitement antibiotique et de soins locaux, toujours aucune amélioration significative.

Quinze jours après la bagarre, le 4 mars, Lucien est examiné par le docteur Bedossa, qui diagnostique à la palpation une amyotrophie très importante de l’épaule gauche (une très grosse fonte musculaire). Cela peut être dû à une myosite (une inflammation musculaire), une tendinite, ou encore une radiculonévrite (inflammation de la racine des nerfs).

Pas spécialement agréable la palpation !

Pas spécialement agréable la palpation !

Le docteur Bedossa décide donc d’administrer localement par injection de la dexamedium – un corticoïde- (0,3 ml) ainsi que de la vitamine B12 (0,3 ml). Une injection sera faite une fois par semaine pendant un mois. En parallèle, Lucien recevra chaque jour une demi gélule de carnitine, un revitalisant pour animaux domestiques.

Une semaine après, la boiterie a déjà bien diminué, les muscles de l’épaule commencent à se redévelopper. On baisse la posologie de l’injection de dexamedium à 0,1 ml, toujours associée à la vitamine B12.

Au fil des semaines, le muscle reprend du volume

A la visite suivante, le 16 mars, l’amélioration est spectaculaire : Lucien est remusclé à 80% ! L’injection comprend cette fois dexamedium 0,15 ml + vitamine B12 0,15 ml, et la prochaine visite se fera dans quinze jours.

30 mars : probable dernière visite médicale, la boiterie semble avoir complètement disparue. Le docteur Bedossa estime à la palpation que l’épaule s’est remusclée à plus de 95%. Il fait donc une dernière injection dexamedium 0,1 ml + vitamine B12 0,12 en profondeur. A priori, Lucien n’aura plus besoin de revenir en consultation, sauf si ses maîtres constatent une dégradation de son état.

Depuis un mois, ses maîtres gardent davantage Lucien à l’intérieur de la maison la nuit pour éviter de nouvelles bagarres, ce qui l’aura obligé à réapprendre l’usage de la litière, bon gré mal gré !

En un mois, Lucien avait retrouvé toute sa motricité

En un mois, Lucien avait retrouvé toute sa motricité

Le cas de Myrtille : un abcès oculaire

février 11th, 2015 | Redigé par admin in Cas cliniques - (0 Comments)

Myrtille est une jument de robe aubère, arrivée au refuge Aide aux Vieux animaux en août 2011, à l’âge de 18 ans et demi. Née dans la Manche en avril 1992, cette gentille ponette croisée New Forest, « toujours très calme et n’ayant peur de rien », d’après Sylvie Dereeper, secrétaire à l’AVA et sa propriétaire, avait été mise à la retraite après avoir servi dans un club équestre de la région de Rouen.

Son histoire

Au printemps 2012, pour ses 20 ans, Myrtille s’installe chez Sylvie et son mari, dans un pré d’un hectare qu’elle partagera pendant près d’un an avec Michele, un poney hongre de 25 ans, conseillé par AVA comme compagnon animal pour que Myrtille ne se sente pas seule (les chevaux sont des animaux grégaires, ne l’oublions pas!). En quelques heures, celle-ci se sent déjà comme chez elle : « Nous allions les voir plusieurs fois par jour, tous les jours, par tous les temps, sans exception. Le matin, la première visite était agrémentée de friandises (pommes, carottes, pain sec et dur) et c’était l’occasion de contacts physiques entre eux et nous », se souvient Sylvie. « Le terrain dont ils disposaient leur permettait de nous faire des apparitions surprises aux fenêtres, quémandant une friandise et satisfaisant leur curiosité – genre « elle est comment votre écurie ? » – ce qui ne manquait pas de nous amuser et d’étonner les passants. »

Myrtille dans son nouveau pré

Myrtille dans son nouveau pré

Myrtille avec Michele

Myrtille avec Michele

Un matin de février 2013, Sylvie et son mari retrouvent Michele mort, avec Myrtille à ses côtés qui semblait les attendre. Elle accueille un nouveau compagnon bai de race selle français, un colosse d’1m84 au garrot prénommé Jaguar, mis à la retraite après une belle carrière en CSO, et en pension gratuite, pour lui tenir compagnie. Mais même un pré d’un hectare ne suffit pas à nourrir les deux « goinfres », surtout Jaguar qui avec sa taille mange comme 10. Entre le foin à volonté et les divers compléments (orge aplatie notamment), Sylvie et son mari ne s’en sortent plus. C’est donc AVA qui va héberger les deux chevaux à partir du mois de mai 2014. Myrtille se mêle aux autres chevaux du refuge, dispersés dans des pâtures assez éloignées des bâtiments principaux et difficiles d’accès.

Infection due à un abcès oculaire

A l’automne, Myrtille est retrouvée avec l’œil gauche gravement infecté. D’après l’anamnèse du vétérinaire, elle présente de l’épiphora (larmoiement anormal) et de la rougeur conjonctivale. Un traitement antibiotique est tout de suite prescrit (Pen-Hista-Strep) et anti-inflammatoire avec des corticoïdes. Elle présente par ailleurs une fourbure (une congestion inflammatoire aigüe des quatre pieds).

L'abcès oculaire manifeste sur l'oeil gauche

L’abcès oculaire manifeste sur l’oeil gauche

Mais le lendemain, l’état de l’oeil ne s’améliore pas, au contraire. Le vétérinaire conseille une hospitalisation. L’état de santé de Myrtille à son arrivée est globalement satisfaisant, mais elle manifeste une exophtalmie modérée de l’oeil gauche, associée à un chémosis (oedème de la conjonctive) et un prolapsus de la conjonctive (une descente de la membrane) marqués, de l’épiphora séreux, une sécheresse cornéenne, une déformation concave de la cornée en région centrale et même de la cécité.

Les tests à la fluorescéine détectent un ulcère en région centrale de l’oeil sur 2 cm de diamètre. Le bilan biochimique révèle une leucocytose neutrophilique modérée (une augmentation des globules blancs en raison de l’infection) et une discrète augmentation des CPK (enzyme musculaire). L’oeil et la cornée sont nettoyés, mais les vétérinaires soupçonnent un traumatisme de la cornée avec ulcère cornéen marqué et suspicion de kératomalacie (dégénérescence provoquant la cécité). Leur pronostic est mauvais.

L’opération

Rapidement, une énucléation sous anesthésie générale est suggérée, sans quoi l’infection pourrait très vite atteindre le cerveau et tuer la jument. Un traitement ophtalmologique intensif lui sera associé. Myrtille supporte bien l’opération, et reçoit un nouveau traitement d’antibiotiques, d’antalgiques et anti-inflammatoire par voie intraveineuse, un vasodilatateur et inhibiteur de la dégranulation des mastocytes (Calmivet) ainsi que des larmes artificielles sur l’oeil gauche toutes les 4h à la suite de l’opération. Son pansement est changé deux jours après l’intervention, la plaie est propre, l’oedème et les sécrétions ont disparu.

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Deux jours après l’opération, le pansement est ôté, la plaie est propre

Convalescence

Myrtille effectue sa convalescence au refuge avec les soigneurs de l’AVA. Outre l’administration des antibiotiques et anti-inflammatoires, elle doit garder le box jusqu’à guérison complète de la plaie chirurgicale et de la crise de fourbure. Les vétérinaires préviennent que du sang frais ou des sécrétions hémorragiques peuvent être présentes dans le naseau gauche pendant quelques jours. Sa ration alimentaire est réduite pour que les symptômes de la fourbure s’estompent et finissent par disparaître.

Myrtille presque au bout de sa convalescence

Myrtille presque au bout de sa convalescence

Myrtille se remet très rapidement, a bel appétit et des crottins normaux. Selon les vétérinaires, elle s’est très bien habituée à sa nouvelle condition. Une semaine après l’opération, les points de tension sont retirés, le pansement changé. Début décembre, toutes les agrafes sont retirées, et Myrtille montre une extrême bonne volonté durant l’opération ! Fin décembre, la jument peut enfin sortir du box, mais son alimentation reste sous surveillance.

Site Internet de la clinique équine qui a effectué l’opération :

Clinique Moulin d’Ecalles : http://cliniquemde.fr/

Le cas de Mya : une paralysie laryngée

janvier 10th, 2015 | Redigé par admin in Cas cliniques - (2 Comments)
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Crédit photo : Louise François

Mya est arrivé au refuge de Cuy-Saint-Fiacre en 2008, après avoir mordu un enfant. Il est l’un des plus anciens pensionnaires et fait partie des doyens d’AVA.

En novembre, Mya a été atteint d’une paralysie laryngée, un problème avec les nerfs et les muscles qui contrôlent le larynx, ce qui a entraîné des difficultés sévères à respirer.

Quels sont les symptômes ?

Cette maladie peut être héréditaire ou peut être développée dans le cadre d’un processus tumoral, mais dans le cas de Mya, elle est le résultat d’un processus dégénératif. La paralysie laryngée peut être traitée si elle est reconnue tôt. A noter que la paralysie laryngée peut être associée à des laryngites chroniques, des atteintes du système nerveux central et/ou des nerfs crâniens, des tumeurs loco-régionales et de l’hypothyroïdie. Ces affections peuvent parfois être résolues si la paralysie laryngée est détectée à temps et soignée.

Les symptômes comprennent la perte ou un changement dans la voix, comme enrouement, toux ou étouffement, surtout après avoir mangé et de la difficulté à l’exercice. Mya a été soigné par le docteur Benaïm pour une forme sévère, avec une insuffisance respiratoire aiguë dès le moindre stress ou effort.

Les problèmes peuvent empirer par temps humide, pendant l’exercice et si le chien souffre d’obésité.Toutes les races, et les chiens de tout âge peuvent développer une paralysie laryngée, mais elle est plus fréquente chez les chiens âgés, et les grandes races comme le labrador et le golden retriever, le Saint-Bernard, le bouledogue et bull terrier.

Comment opérer ?

Le diagnostic est confirmé par une laryngoscopie sous anesthésie générale. Une opération chirurgicale, la laryngoplastie, est réalisée en urgence. La chirurgie consiste à placer une prothèse laryngée permettant de maintenir le larynx ouvert. Les voies respiratoires sont de nouveau dégagées.

Crédit photo : Louise François

Crédit photo : Louise François

Le cas de Elvis

décembre 6th, 2014 | Redigé par admin in Cas cliniques - (0 Comments)

Elvis, le cane corso de Virginie, a aujourd’hui 8 ans et court comme un lapin. Mais ce n’était pas gagné d’avance. Très jeune, Elvis a manifesté de graves symptômes d’une dysplasie de la hanche qui l’handicapait beaucoup. Elvis boitait en permanence, présentait une fonte musculaire et une douleur aiguë à l’extension de ses hanches. « Il avait les pattes arrière complètement tordues et avait du mal à marcher », se souvient Virginie. Elle l’a donc confié au docteur Benaïm, qui témoigne : « La dysplasie est une affection fréquente touchant principalement les chiens de grande race, qui est due à un développement anormal de la hanche lors de la croissance du chiot. L’hérédité est un facteur majeur de la dysplasie. Il peut arriver néanmoins que les parents soient indemnes mais qu’ils possèdent tout de même des gènes de la maladie. »

Elvis aujourd'hui

Elvis aujourd’hui

Quels sont les signes d’une dysplasie ?

La dysplasie de la hanche engendre une laxité de l’articulation de la hanche. De ce fait, la tête fémorale et le cotyle (cavité articulaire) se déforment en s’aplatissant. De l’arthrose apparaît sur l’articulation et est cause de douleurs. Parfois, l’articulation peut être si modifiée que suite à un traumatisme mineur, elle peut se luxer. L’animal se met alors subitement à boiter. La réduction de la luxation (remise en place) est généralement inefficace car la hanche est trop modifiée.

Généralement les signes cliniques de dysplasie coxo-fémorale peuvent être décelés vers l’âge de 3 mois (il existe alors des traitements chirurgicaux précoces très efficaces) mais le diagnostic est plus souvent réalisé vers 8 à 12 mois, comme ce fut le cas pour Elvis.

Certains chiens ne montrent les premiers signes de dysplasie que vers 2 ans, voire quand ils sont âgés. Les signes cliniques d’un problème peuvent d’abord apparaître comme une intolérance à l’exercice. Les sauts de lapin, la difficulté à se lever après un repos, une boiterie sur un postérieur, et l’atrophie des muscles des postérieurs sont des signes caractéristiques.

La luxation de la hanche est une autre indication de chirurgie. Si des signes d’arthrose sont présents lors de luxation de la hanche, ou en cas de luxation ancienne, la hanche ne peut être remise en place dans le cotyle. Une prothèse totale de hanche ou une résection arthroplastie  de la tête et du col fémoraux sont alors indiqués. Les fractures graves de l’acétabulum ou de la tête ou du col fémoraux ne peuvent parfois pas être réparées.

Une forme de dégénérescence de l’articulation coxo-fémorale, appelée maladie de Legg-Perthes-Calve existe chez les petits chiens en raison d’une altération de la vascularisation de la tête fémorale. Cette maladie provoque l’effondrement de la tête du fémur et il en résulte de la douleur.

But de l’opération

L’animal est  anesthésié. Le membre et la hanche à opérer sont entièrement tondus. Une incision est réalisée sur la région de la hanche. L’articulation coxo-fémorale est exposée et la tête et le col fémoraux sont ôtés. Les plans musculaires, graisseux et cutané sont refermés. Si nécessaire, la tête fémorale est envoyée pour analyse histologique.

Après la chirurgie, des tissus fibreux se forment dans la région de l’articulation coxo-fémorale, empêchant ainsi le contact os contre os. La masse musculaire maintient la hanche en place. La patte opérée sera légèrement plus courte qu’en pré-opératoire, mais cela ne cause aucun problème fonctionnel.

Convalescence

Virginie pensait que son chien ne marcherait jamais correctement, et qu’il courrait encore moins. « Mais l’opération a extrêmement bien fonctionné et un an après, tout était oublié, Elvis courait très bien. David s’en est très bien occupé ». Le docteur Benaïm l’atteste : « La plupart des animaux vont bien après cette intervention. Ils commencent à poser la patte et à s’y appuyer dans les deux semaines suivant la chirurgie. L’appui se montre progressivement plus franc et la récupération est complète en 2 à 3 mois. A noter que pour les animaux de plus grande taille, une faiblesse peut être observée sur le membre opéré. Ceci est dû à la musculature supportant la hanche, un exercice trop important pouvant mener l’animal à boiter. Des anti-inflammatoires peuvent soulager l’animal en cas de besoin. Elvis, quant à lui, a récupéré en 2 mois une locomotion quasi normale. »

Quels soins post-opératoires?

Des soins sont évidemment prodigués à l’animal opéré, le contrôle de la douleur post-opératoire est gérée au besoin avec de la morphine. Une fois de retour à la maison, des médicaments seront prescrits pendant quelques jours.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’activité n’est pas limitée après la chirurgie. En fait, l’exercice permet de limiter la formation d’adhérences et donc de maintenir la mobilité de l’articulation de la hanche. La rééducation doit être réalisée jusqu’à ce que l’animal utilise normalement sa patte. Ceci consiste en des mouvements de flexion et d’extension de l’articulation de la hanche. La nage, lorsqu’elle est possible, est une autre forme de physiothérapie. Il est aussi recommandé que des séances de rééducation soit réalisées avec le vétérinaire du service de rééducation fonctionnelle.

Le cas de Corsica

décembre 4th, 2014 | Redigé par admin in Cas cliniques - (0 Comments)

corsicaIl y a 7 ans en Corse, Isabelle a recueilli un chien peut-être sauvage, peut-être abandonné, elle n’a jamais trop su. « La maison était constamment ouverte, un jour ce chien est entré spontanément. Il avait les pattes en sang, il errait sans doute depuis un moment. Mais on n’a jamais rien su de son passé, d’où il venait, s’il était vraiment sauvage ou tout simplement abandonné », raconte-t-elle.

Naturellement baptisé « Corsica », cette sorte de croisé labrador est le premier chien d’Isabelle, qu’elle a ramené avec elle à Paris. Il avait alors 2 ans environ. Et bien que sorti de nulle part, ce chien avait un sens inné des limites : « Il ne monte jamais à l’étage, n’entre pas dans la salle de bains, il marche parfaitement en laisse, obéit à tous les ordres, bref, il est super bien élevé alors que je ne lui ai jamais rien appris ! Je me demande parfois s’il n’avait quand même pas connu le contact humain avant nous… Mais on ne saura jamais. »

Malheureusement, Corsica était porteur de la leishmaniose, cette maladie souvent mortelle transmise par un moustique appelé « phlébotome », et qui sévit justement sur tout le pourtour méditerranéen. Isabelle l’a découvert lorsqu’on lui a diagnostiqué un cancer de la rate. L’ablation de l’organe a été faite il y a an, et pourtant aujourd’hui Corsica se porte à merveille et « court comme un dératé » !

On sait qu’après une telle opération les chances de survie sont minces et l’espérance de vie assez courte… Mais Corsica a bénéficié d’un remède miracle : « Chaque jour il prend du Pet Phos, 1mg d’aspirine en préparation, du Zyloric également, et 200 mg de doxycycline. A cela s’ajoute un régime alimentaire spécial, à base de légumes, viande blanche, pain et riz. On s’y tient à la lettre, et depuis un an l’état de santé de Corsica s’est considérablement amélioré », explique Isabelle.

Le traitement de Corsica est donc essentiellement phytothérapeutique, sans molécule chimique, et c’est sans doute ce qui contribue à son excellente santé. De surcroit, ce traitement n’a pas un coût excessif.

Le cas d’Umphrey

novembre 24th, 2014 | Redigé par admin in Cas cliniques - (0 Comments)

Voici un cas qui mérite attention, car les symptômes n’étaient pas manifestes d’entrée de jeu !Umphrey est un petit teckel à poils longs de 11 ans, arrivé à la clinique de Neuilly mercredi 1er octobre au matin parce qu’il ne mangeait plus et semblait gêné. Après examen, il se trouvait qu’un corps étranger était fiché transversalement en arrière du larynx ! La palpation de la zone autour du larynx n’était pas douloureuse, aucune présence de pus n’a été détectée, et pourtant on s’en doute, l’élément étranger était perturbant pour Umphrey.

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Le docteur Bedossa a retiré le fameux corps étranger au moyen d’une pince (voir photo), qui se trouvait être un os d’oiseau ingurgité par Umphrey deux jours plus tôt alors qu’il avait fouillé une poubelle lors de sa balade du soir ! Umphrey est resté deux jours sous surveillance, et s’est très bien remis de la petite opération.

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La fameuse pince qui a servi à retirer l’os

Moralité : surveillez bien votre chien ou votre chat, même en l’absence de symptômes impressionnants, si son comportement change, c’est qu’il y a un problème !

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