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Le FHV (Feline herpes virus 1) est une cause fréquente d’infections oculaires chez les chats. Cependant, les médicaments pouvant les soigner doivent être appliqués plusieurs fois par jour, et leur efficacité est contestée. Un nouveau modèle espère changer les choses sur ce point.

Les chercheurs du Baker Institute for Animal Health de l’école vétérinaire de Cornell ont développé un modèle de test de ces médicaments. Les premiers résultats ont permis d’identifier un nouveau médicament qui devrait bientôt passer les tests cliniques. Cette étude a été publiée en juin dans le Journal of General Virology.

Les chercheurs ont rempli la cornée de chats décédés d’autres causes que des maladies oculaires avec de l’agarose, qui permet à la cornée de garder sa forme en dôme. Ils ont ensuite inoculé le virus à certaines cornées et pas à d’autres. Enfin, ils ont testé l’efficacité de deux traitements communément utilisés pour le traitement des infections oculaires dérivées du FHV : du cidofovir et de l’acyclovir, qui semble prometteur lorsqu’il est administré fréquemment.

Ces deux traitements faisaient disparaître l’infection lorsqu’ils étaient appliqués toutes les 12 heures, mais il semblerait que le cidofovir soit plus efficace.

Par ailleurs, les chercheurs ont utilisé ce modèle afin d’identifier d’autres traitements potentiels contre ces infections. Le raltegravir, utilisé chez les humains comme traitement contre le VIH, n’avair par exemple jamais été expérimenté chez les chats. Il semblerait très efficace, même avec une seule application toutes les 24 heures.

(Source : Newstat, 25 juillet)

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Publiés le 6 mai 2016 dans le Journal of Veterinary Medical Science, les résultats d’une étude sur l’épidémiologie des tumeurs canines au Japon permettent de confirmer certaines prédispositions raciales et également d’en préciser d’autres. Plus de 3 500 tumeurs sont passées au crible, tous les diagnostics ayant été validés par une analyse histopathologique. Les vingt races numériquement les plus importantes au Japon ont été sélectionnées.

Depuis quelques décennies, rappellent les auteurs, l’incidence de nombreuses maladies a augmenté chez le chien, en raison de l’allongement de l’espérance de vie. Il en va ainsi particulièrement des cancers qui sont ici étudiés d’après les archives du service d’anatomie pathologique de l’Université Vétérinaire de Gifu (Japon). Les matériels et méthodes sont exposés dans cet article en accès libre. L’étude porte sur 3 597 cas de tumeurs (1 598 mâles, 2 160 femelles, 161 chiens de sexe indéterminé). Les diagnostics ont été portés sur une période de 8 ans (2005 à 2012). 388 chiens étaient porteurs de plus d’une tumeur. 6,95 % des animaux souffraient de deux tumeurs, 1,03 % de trois tumeurs et plus.

Des races épargnées ou prédisposées

L’âge moyen des chiens était de 10,4 ± 2,98 ans chez les mâles, de 10,4 ± 2,83 ans chez les femelles. Il n’existe donc pas de différence significative. La proportion de tumeurs malignes était de 57,5 %. Dans cinq races, le pourcentage de tumeurs malignes était significativement plus faible : Yorkshire terrier (31,1 %), bichon maltais (42,4 %), caniche (44,4 %), shih tzu (48 %) et teckel (48,2 %). En revanche, le phénomène inverse est observé dans d’autres races. Ainsi, le pourcentage de tumeurs malignes est-il de 63,2 chez le labrador retriever, de 65,9 chez le Welsh corgi, de 68,1 chez le Shiba Inu, de 69 chez le shetland, de 70 chez le chihuahua, de 73,4 chez le beagle, de 80 chez le bouvier bernois.

Les tumeurs cutanées en première ligne

Les auteurs étudient également la localisation des tumeurs : 24,4 % intéressaient la peau et les tissus sous-cutanés. Le golden retriever et le labrador retriever, en particulier, ont une plus forte incidence pour cette localisation (32 % et 26,8 %, respectivement). On observe au contraire une faible incidence (14,3 % et 12,1 %) des tumeurs cutanées chez le yorkshire terrier et le spitz. Les tumeurs gastrointestinales viennent ensuite, comptant pour 18,1 % des cas. 55% d’entre elles correspondaient à des mélanomes de la cavité buccale, 21 % à des tumeurs périanales. Le troisième type tumoral le plus fréquent est représenté par les tumeurs mammaires (17,8 %). Elles sont plus fréquentes chez les chiennes de petit format : elles comptent pour 41,5 % chez le teckel, pour 41,2 % chez l’épagneul cavalier King Charles, 36,7 % chez le papillon, 36,4 % chez le spitz, 33,9 % chez le yorkshire terrier, 33,7% chez le bichon maltais. A l’inverse, les chiennes de moyen ou grand format sont sous-représentées, comme le bouvier bernois (0 %), le golden retriever (6,4 %), le shetland (7 %), le shiba inu (10,8 %), le labrador retriever (12,2 %). Le carlin fait exception avec un faible pourcentage de tumeurs mammaires (6 %). On note par ailleurs que les mastocytomes sont très fréquents dans deux races : le carlin toujours (46,4 %) et le bouvier bernois (23,3 %).

Variations d’incidence

Une estimation de l’incidence brute des tumeurs est également fournie, elle est faible chez le spitz (0,1 %), le caniche (0,2 %), le shiba inu (0,5 %), le teckel (0,7 %), les chiens de race croisée (0,6 %). Les chiffres sont plus élevés pour le golden retriever (4,3 %), le Welsh corgi (3 %), le labrador retriever (2,6 %), le Shetland (2,5 %), le beagle (2,3 %). L’incidence brute des tumeurs malignes connaît également des variations raciales : faible chez le chihuahua (0,2 %), le spitz (0,3 %), le caniche (0 %), les chiens de race croisée (0,4 %), elle est nettement supérieure chez le labrador retriever (1,9 %), le golden retriever (2,8 %), le Welsh corgi (2,1 %), le shetland (1,7 %), le beagle (1,8 %) et, sans surprise, chez le bouvier bernois (6,4 %). Il est nécessaire de replacer ces données dans le contexte japonais, concluent les auteurs, dans la mesure où les chiens de petit format, dans ce pays, forment l’essentiel des effectifs. De plus, vingt races seulement ont été étudiées et des prédispositions ont pu, dès lors, être ignorées.

KOMAZAWA.S, Canine tumor development and crude incidence of tumors by breed based on domestic dogs in Gifu Prefecture. Journal of Veterinary Medical Science

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Pour les vétérinaires qui souhaitent diminuer le stress de leurs petits patients, la réponse peut être juste sous leur nez… ou leurs yeux, oreilles, bouche, bref corps ! En effet, selon les auteurs du livre Canine Medical Massage : techniques and clinical applications, les vétérinaires pourraient, en manipulant les animaux de façon simple et en stimulant leurs cinq sens, réduire efficacement le stress environnemental qui les atteint souvent.

Vue : réduire la quantité de lumières fluorescentes et autres lumières, connues pour interrompre le rythme circadien naturel du corps. Minimiser les bruits offensifs et, si possible, éliminer les patients des zones à fort passage et activité incessante.

Ouïe : parce que la musique modulant les fonctions cardiaques et neurologiques, ne pas hésiter à diffuser de la musique dans les salles de consultation et la salle d’attente. La musique classique et les rythmes lents réduisent particulièrement le stress, facilitent le sommeil, et réduisent la douleur.

Odorat : mettre un diffuseur d’odeurs dans les salles de repos et les salles d’attente. Les phéromones, les fleurs de camomille, de lavande, et l’air frais réduisent l’anxiété. Au moins, il faut tâcher de minimiser les odeurs désagréables telles que la fumée de cigarette et de produits de nettoyage concentrés.

Goût : s’assurer que les patients reçoivent une alimentation bien équilibrée de haute qualité pour assurer les fonctions corporelles sans stress. De plus, s’assurer les gencives de patients sont en bonne santé, et qu’ils reçoivent des probiotiques et des fibres adéquates pour assurer une digestion facile.

Corps / Touché : masser les patients, les brosser ou les peigner réduit leur stress. Si possible, ajouter l’exercice, ou les laisser se reposer au soleil lors d’une journée douce, ou près d’une source d’air frais s’il fait plus chaud. Et jamais sous-estimer la valeur de la compagnie de l’humain !

En plus de réduire le stress, le massage médical canin et la thérapie des tissus mous ont été particulièrement efficaces sur de nombreuses conditions cliniques, y compris la dysplasie de la hanche, l’arthrose et l’épilepsie, notent les auteurs. Leur ouvrage contient ces conseils et de nombreux autres, ainsi que des séquences de massage et les conditions précises pour que le massage soit le plus efficace possible.

Livre en vente à cette adresse : https://www.aaha.org/professional/store/product_detail.aspx?code=CNMDM&title=canine_medical_massage_techniques_and_clinical_applications#gsc.tab=0

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L’une des difficultés auxquelles les équipes vétérinaires doivent faire face est de savoir comment leurs patients canins s’accommodent de leur convalescence et de leur douleur, une fois partis de la clinique. Cette difficulté est en train d’être palliée avec l’avènement de la surveillance à distance de l’activité du chien et de ses indicateurs physiologiques.

Il existe trois scénarios dans lesquels la surveillance à distance des patients canins est incroyablement utile et peut faire la différence dans les choix de traitement : récupération post-opératoire, gestion de la douleur chronique et physiothérapie.

Pour chaque groupe de patients canins, la surveillance des indicateurs physiologiques à distance donne un aperçu objectif jamais atteint jusqu’à présent.

Les paramètres de récupération post-opératoires telles que le niveau d’activité et la qualité du repos peuvent être contrôlés assez facilement lorsque le patient est à l’hôpital. Malgré cela, il reste difficile pour les membres de l’équipe vétérinaire d’évaluer la douleur et l’inconfort des patients canins après une chirurgie.

Ce défi devient exponentiellement plus difficile une fois que le patient rentre à la maison. Pour les propriétaires de chiens, les évaluations de la douleur peuvent être carrément impossibles.

Les membres de la famille humaine peuvent bien sûr avoir un avis « subjectif » sur le comportement de leur animal, mais ces impressions ne sont que cela. Il faut ajouter à cela les complications que pose la nécessité pour les maîtres d’aller travailler et de dormir, et donc de laisser leur animal seul sans surveillance, ni observation.

Aussi, la surveillance à distance peut fournir de nombreuses informations importantes aux vétérinaires au cours de la période post-chirurgicale à la maison, y compris le respect des restrictions d’activité, des plages de repos sans interruption, et la surveillance des signes vitaux, tous indicateurs du niveau de confort de l’animal.

Dans le cas des chiens aux douleurs chroniques comme l’arthrose ou autres maladies dégénératives, le plan de traitement comprend généralement plusieurs composants, y compris la nutrition (+/- de normalisation du poids), les médicaments pour briser le cycle de la douleur, et soit une restriction ou une prescription pour l’activité.

Le succès ou l’échec d’un plan de traitement dépend de la prestation de ses différentes composantes par le propriétaire du chien, et de la réponse du chien à la thérapie. Mesurer l’efficacité de la thérapie de façon objective et fréquente a été pendant longtemps un défi très intimidant pour les vétérinaires. La surveillance à distance, en permettant de mesurer très précisément les indicateurs de bien-être chez l’animal, donne la possibilité d’évaluer le niveau de réponse au traitement et éventuellement de l’adapter, en concertation avec le propriétaire.

Enfin, pour les patients en physiothérapie, la surveillance à distance fournit des informations importantes sur les progrès du patient par le biais d’un plan thérapeutique.

Le suivi fournit également des preuves tangibles que le plan thérapeutique est bien accompli à la maison entre les séances de physiothérapie formelles à la clinique.

Cette évolution technologique est un véritable bond dans le futur, puisqu’il permet aux vétérinaires de comprendre leurs patients comme jamais. Il fournit également les propriétaires de chiens une occasion unique d’être l’interface entre leur chien et ses réponses à une thérapie et le vétérinaire traitant.

(Source : NewStat, 2 mai)

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Si vous vivez dans un secteur où votre eau a une teneur élevée en minéraux, aussi appelé « eau dure, » il se pourrait que vous constatiez une hausse des problèmes urinaires.

Le 7 Avril, Trupanion, une compagnie d’assurance pour animaux de compagnie, a publié des données qui établissent un lien entre les conditions de santé urinaires chez les animaux et la cartographie des villes ayant une note d’eau dure élevée, telles qu’identifiées par l’Environmental Protection Agency (EPA).

Dans les zones à « eau extrêmement dure, » les chats mâles avaient une incidence beaucoup plus élevée de problèmes de santé, surtout de calculs urinaires. Ils étaient aussi trois fois plus susceptibles d’avoir des complications urinaires par rapport aux chats mâles vivant dans des zones à eau « un peu dure », « dure » ou « très dure » de l’eau. En ce qui concerne les chiens, les propriétaires de chiennes sont 2,5 fois plus susceptibles de présenter leur animal à un vétérinaire pour des problèmes urinaires que les propriétaires de chiens mâles.

Ainsi la Floride, l’Illinois, certaines parties du Texas et du Michigan sont les Etats où les animaux domestiques rencontrent le plus de problèmes urinaires.

(Source : NewStat, 12 avril)

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Notre ADN contient des gènes qui indiquent les fonctions de l’organisme. Ces gènes sont transmis de génération en génération avec des traits et des maladies héréditaires. On le sait pour les humains. Désormais, on en sait un peu plus sur le « paysage » génétique canin, grâce à la plus vaste opération de cartographie jamais réalisée.

Les chercheurs du Collège de médecine vétérinaire de l’Université de Cornell (Cornell) ont terminé la plus grande étude génétique menée à ce jour sur des chiens, comprenant l’analyse génétique de 4 200 individus.

L’étude, publiée le 22 janvier dans la revue Nature Communications, a étudié 180 000 marqueurs génétiques, des séquences d’ADN avec un emplacement physique connu sur un chromosome.

« Plus nous avons de connaissances sur la base génétique des maladies, plus nous sommes à même maintenir les populations de chiens de race pure génétiquement saines », a déclaré Adam R. Boyko, PhD, professeur adjoint de sciences biomédicales au Collège Cornell de médecine vétérinaire.

« Nous avons détecté 17 gènes lié à la taille chez les chiens, et en regardant ces gènes, nous pouvions prédire la taille d’un chien avec 90% de précision« , a déclaré Boyko.

Des simulations menées au cours de cette étude ont montré que « chez les chiens, nous devrions pouvoir identifier les facteurs de risque génétiques pour la plupart des maladies les plus courantes ».

Les chercheurs ont analysé des échantillons de plus de 150 races, 170 chiens de race mêlée, et 350 chiens du village en liberté de la Cornell vétérinaire Biobank.

(source : NewStats, 22 février)

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Les symptômes du trouble compulsif canin (CCD) peuvent inclure la chasse obsessionnelle de la queue, un toilettage excessif, une succion du flanc ou de couverture, selon l’Ecole Cummings de médecine vétérinaire de l’Université Tufts. Une nouvelle étude, cependant, offre des indices sur sa source génétique.

Des chercheurs en médecine humaine et vétérinaire des secteurs universitaires ont identifié les voies génétiques qui exacerbent la gravité du CCD chez le doberman pinscher. L’étude a été publiée dans le International Journal of Applied Research in Veterinary Medicine le 29 février.

L’équipe de recherche a comparé le séquençage complet du génome de 70 doberman pinscher pour rechercher des facteurs héréditaires qui exacerbent CCD. Les chercheurs ont identifié deux loci sur des chromosomes qui ont été fortement corrélées avec un CCD sévère, ainsi que d’un troisième locus qui a montré des preuves d’association.

Le lieu le plus fortement associé à un CCD sévère a été trouvé sur le chromosome 34, une région contenant trois gènes des récepteurs de la sérotonine.

Le second locus significativement corrélé avec un CCD sévère était sur le chromosome 11. Cette découverte, ainsi que des preuves trouvées sur le chromosome 16 reliant le CCD à la tolérance au stress, peuvent aussi expliquer la physiopathologie du TOC, selon les auteurs de l’étude.

« La génomique comparative est une approche particulièrement intéressante pour révéler les fondements moléculaires de la maladie chez les animaux consanguins, avec l’espoir d’obtenir de nouvelles connaissances sur ces maladies chez les chiens et les humains », a déclaré Edward I. Ginns, PhD à l’Université de Massachusetts Medical School et l’un des auteurs de l’étude.

(source : NewStat, 29 février)

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Des chercheurs de l’université d’Helsinki ont remarqué que le comportement social lié aux regards chez les chiens ressemblait fortement à celui des humains : ils identifient systématiquement les expressions faciales, préférant regarder dans les yeux mais pouvant changer d’objet s’ils sentent une menace. Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue PLOS ONE le 13 janvier.

Les chercheurs ont suivi et analysé les regards des chiens étudiés afin de comprendre de quelle façon les chiens lisaient les expressions émotionnelles de leurs congénères et des humains : les chiens se concentrent d’abord dans la région des yeux, et se concentrent plus longtemps sur eux que sur le nez ou la bouche. Les caractéristiques spécifiques de certaines expressions attirent également davantage leur attention, bien que les chiens semblent baser leur perception des expressions faciales sur la totalité du visage.

Les visages menaçants suscitent plus d’attention de leur part, ce qui peut être la trace d’un mécanisme d’adaptation acquis au gré de l’évolution. De façon très intéressante, le comportement de vision des chiens eux-mêmes dépend de l’espèce observé : un chien menaçant sera observé plus longuement, tandis que le visage d’un humain menaçant sera rapidement évité. « Le comportement stratégiquement tolérant des chiens envers les humains peut partiellement expliquer ces résultats. La domestication a développé chez les chiens une sensibilité pour détecter les signaux de menace chez les humains, et y répondre par des signaux d’apaisement », explique la chercheuse Sanni Somppi.

(Source : NewStat, 26 janvier)

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Les chiens et les chats, malgré la mise en place de vermifugations régulières, sont encore aujourd’hui une source importante de contamination indirecte de l’homme par les nématodes du genre Toxocara spp. Les praticiens doivent garder à l’esprit les risques que la toxocarose représente pour l’homme. La connaissance de la biologie des parasites permet d’élaborer un plan stratégique de prévention adapté à chaque cas et de justifier auprès des propriétaires de chiens ou de chats des mesures hygiéniques à respecter.

Les oeufs de Toxocara canis et T. cati disséminés dans l’environnement par l’intermédiaire des matières fécales des chiens et des chats sont la principale source de contamination humaine. Un développement larvaire, d’une durée de 3 semaines à quelques mois en fonction des conditions environnementales, doit se produire afin que l’oeuf soit infestant : on parle alors d’oeuf embryonné.

L’homme se contamine par ingestion de cette forme infestante, en portant à sa bouche ses mains souillées ou en mangeant des légumes mal lavés. Les occasions sont fréquentes, car il existe une forte contamination des sols, particulièrement dans les jardins publics et les aires de jeu (les bacs à sable sont très exposés), d’autant que les oeufs embryonnés peuvent survivre plusieurs années dans un environnement favorable. les chiens et les chats ne sont pas les seuls responsables de cette contamination environnementale : il semble que l’implantation de renards roux en milieu urbain puisse jouer un rôle non négligeable. La contamination humaine via le pelage des animaux de compagnie est assez improbable, les oeufs adhérant fortement aux poils et étant peu souvent embryonnés. il existe une autre source de contamination possible : l’ingestion de la viande mal cuite d’un hôte paraténique (ruminants, porcs, oiseaux) contenant des larves enkystées.

La toxocarose chez l’Homme

L’homme se comporte lui-même comme un hôte paraténique. Après ingestion, les oeufs embryonnés libèrent des larves qui, migrant à travers la paroi du tube digestif, s’enkystent dans divers tissus, pouvant y survivre plusieurs années. il existe plusieurs formes de toxocarosehumaine : la toxocarose commune, parfois asymptomatique,parfois à l’origine de signes cliniques frustrescomme de l’asthénie, des douleurs digestives ou musculaires, des troubles du sommeil, des formes allergiques (rash cutané, prurit, toux) ; la forme appelée larva migrans viscérale, avec atteinte de l’état général, fièvre, hépatomégalie, troubles digestifs, signes pulmonaires et cutanés ; la toxocarose oculaire, avec uvéite et choriorétinite ; la toxocarose neurologique, plus rare, avec méningite ou/et encéphalite. le diagnostic de toxocarose est mal aisé. Un dosage des anticorps circulants anti-Toxocara est possible par une méthode EliSA ou par immuno-empreinte (Western Blot), mais ces anticorps persistent plus de 2 ans après contamination. le diagnostic doit donc prendre en compte le taux d’anticorps, la présence d’une éosinophilie sanguine et de signes cliniques compatibles. Parfois, l’imagerie permet d’observer les larves enkystées dans le tissu hépatique, pulmonaire ou cérébral. lors de forme oculaire, les igG doivent être recherchées dans des prélèvements oculaires.

Quoi qu’il en soit, la contamination humaine par Toxocara sp. n’est pas rare : la séroprévalence dans les pays européens varie de 2,5 à 44 % suivant la région et la tranche d’âge. la moyenne générale est de l’ordre de 19 % aux Pays-Bas. Ces chiffres sont beaucoup plus élevés dans les zones tropicales. Ainsi, à la réunion, la séroprévalence est de 93 % chez les enfants !

La toxocarose chez le chien et le chat

La prévalence chez le chien et le chat est également variable en fonction du mode de vie et de l’âge. En Europe de l’ouest, elle est de 3,5 à 34 % chez le chien et de 8 à 76 % chez le chat. La toxocarose clinique est plus fréquente chez les chiots et les chatons, mais beaucoup d’adultes sont porteurs asymptomatiques et assurent ainsi un rôle de réservoir. Les chiens et les chats se comportent à la fois comme des hôtes définitifs, chez lesquels les larves ingérées se transformeront en adultes dans les voies digestives et comme hôtes paraténiques, des larves pouvant s’accumuler et survivre dans les tissus. La contamination des chiens et des chats se fait par ingestion d’oeufs embryonnés, par ingestion de larves enkystées (rongeurs, oiseaux, alimentation carnée mal cuite), mais aussi par voie galactogène chez le chiot ou le chaton à l’allaitement (jusqu’à au moins 38 jours après la naissance) ou encore par voie intra-utérine chez le chiot : les chiots d’une mère contaminée ont près de 100 % de risques d’être infestés par cette voie. Le délai moyen entre l’ingestion d’un oeuf embryonné et l’excrétion d’oeufs dans les selles est de 4 à 5 semaines chez le chien et de 8 semaines chez le chat.

Application à la prévention de la toxocarose humaine

Aucune action de décontamination de l’environnement n’ayant fait ses preuves, la prévention de la toxocarose humaine passe d’une part par le respect de mesures hygiéniques et d’autre part par une vermifugation régulière des animaux de compagnie. Il faut convaincre les propriétaires de chiens et de chats de ramasser les selles de leur animal, limiter leur accès aux potagers, respecter les restrictions d’accès aux espaces de jeu, aux plages et autres endroits publics, laver soigneusement les légumes, cuire correctement la viande. Ils doivent également mettre en place un traitement stratégique de leur animal. En ce qui concerne les chiots, les risques de contamination par voie intra-utérine puis par le lait justifient une vermifugation dès l’âge de 2 semaines, puis à 4, 6 et 8 semaines, puis tous les mois jusqu’à l’âge de 6 mois. Chez le chaton, pour lequel la contamination intra-utérine n’existe pas, la vermifugation pourra être faite à 3, 5, 7 et 9 semaines, puis tous les mois jusqu’à l’âge de 6 mois. En ce qui concerne les animaux plus âgés, leur rôle de réservoir est à prendre en considération. Il a été démontré qu’une vermifugation tous les 6 mois était insuffisante. Il est donc préférable de recommander a minima 4 vermifugations par an, voire une vermifugation toutes les 4 à 6 semaines en cas de contamination environnementale avérée et de risques majorés (présence de jeunes enfants, de personnes immunodéprimées). La vermifugation des reproductrices en cours de gestation est pertinente si l’on utilise un anthelminthique larvicide. Par ailleurs, les mères seront vermifugées systématiquement en même temps que leur progéniture.

Bibliographie

• Charlot S. : Transmission des ascarides de carnivores domestiques à l’homme : analyse de 20 cas de toxocarose humaine diagnostiqués à Toulouse (Haute-Garonne) et en région parisienne (2007), thèse Doct.Vét, ENVA.

• ESCCAP : Guide n°1 : Lutte contre les nématodes et les cestodes des carnivores domestiques (2013), http://www.esccap.fr/vers-du-chien-et-du-chat.html.

• Fillaux J., Magnaval J.-F.: Laboratory diagnosis of human toxocariasis (2013), Veterinary Parasitology, 193, 327–336.

• Overgaauw P.A.M , van Knapen F: Veterinary and public health aspects of Toxocara spp (2013), Veterinary Parasitology, 193, 4, 398–403.

• Strube C., Heuer L., Janecek E.: Toxocara spp. infections in paratenic hosts (2013), Veterinary Parasitology, 193, 4, 375–389.

(source : L’Essentiel n°395)

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Les chats et les chevaux pie (noir et blanc) acquièrent leurs couleurs lors de la gestation. Mais quelle est la cause exacte de cette pigmentation ? Des chercheurs des universités de Bath et d’Edimbourg ont observé l’agissement des cellules de pigmentation chez les souris, et ont découvert que celles-ci évoluent et se multiplient de façon aléatoire lors des étapes primitives du développement de l’embryon, au lieu de suivre des « instructions ».

Publiées le 6 janvier dans la revue Nature Communications, les données de cette étude contredisent une théorie jusqu’alors prédominante, expliquant l’apparition de la couleur pie chez certains animaux en raison de la lenteur de déplacement des cellules pigmentaires, pas assez rapides pour atteindre toutes les parties de l’embryon avant qu’il n’atteigne son terme. En réalité, il semblerait qu’il n’existe aucune communication élaborée entre les cellules, leur indiquant dans quelle direction particulière il leur faudrait se diriger. « La couleur pie peut apparaître à cause d’un gène défectueux appelé « kit », explique Christian Yates, biologiste mathématicien à l’université de Bath et co-directeur de l’étude. « Ce que nous avons découvert va contre les intuitions. Jusqu’à présent, on pensait que le gène défectueux ralentissait les cellules, mais il semblerait qu’il diminue plutôt la vitesse à laquelle elles se multiplient. Il y a trop peu de cellules pigmentaires pour que celles-ci couvrent toute la peau de l’animal, c’est la raison pour laquelle il se retrouve souvent avec le ventre blanc. En plus de ce fameux gène, il y en a d’autres qui peuvent générer la couleur pie. Le modèle mathématique peut d’ailleurs expliquer ces colorations sans impliquer de gènes. »

(source : NewStat, 25 janvier)