La perte de poids

juin 30th, 2016 | Redigé par admin in La perte de poids - (0 Comments)
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© poto69

Chez un chien ou un chat en bon état corporel, on sentira facilement une fine couche de gras recouvrir les côtes. On pourra également voir sa taille s’affiner en arrière des côtes lorsqu’on le regarde du dessus. On s’apercevra sou­vent qu’un changement de poids a eu lieu quand cette silhouette idéale est modifiée. Cependant, le propriétaire peut se tromper quant à l’origine du changement de poids de son animal ; par exemple, les chiens présentant à la fois une distension abdominale (ex : à cause d’une ascite) et une fonte musculaire, peuvent donner l’impression à leurs propriétaires d’avoir pris du poids, alors qu’ils en ont perdu. Les animaux en croissance perdent rarement du poids, mais ils peuvent souffrir d’un retard de croissance lorsqu’ils apparaissent trop maigres pour leur âge.

Une perte de poids peut avoir beaucoup d’origines et doit toujours être considérée comme pathologique sauf si le propriétaire a lui-même réduit la quantité de nour­riture ou augmenté le niveau d’exercice de son compagnon. Lorsque la perte de poids est progressive, le propriétaire mettra plus de temps à s’en rendre compte. Il est donc conseillé de noter le poids de l’animal à chaque visite, afin de mieux apprécier tout changement.

Principaux diagnostics différentiels

Insuffisance de l’apport calorique due à :

  • Une alimentation de mauvaise qualité ou en quantité insuffisante

  • Une maladie systémique, causant une perte d’ap­ pétit ou une anorexie (ex : insuffisance rénale chronique)

  • Une impossibilité à s’alimenter, par exemple suite à un traumatisme au niveau de la tête

  • Une augmentation du niveau d’exercice ou de tra­vail

Une mauvaise absorption intestinale due à :

  • Des parasites intestinaux

  • Une atteinte gastro-intestinale (en particulier causant une malabsorption,maldigestion ou une entéropathie provoquant une fuite des protéines)

  • Une insuffisance du pancréas exocrine

Une incapacité à utiliser les calories absorbées due à :

    • Un diabète sucré

    • Une affection hépatique

    • Un syndrome néphrotique

Une augmentation du métabolisme causée par :

    • Une hyperthyroïdie (chats)

    • Une maladie infectieuse ou inflammatoire chro­nique

    • Une cachexie associée à un processus tumoral ou à une insuffisance cardiaque

Attention cependant, la perte de poids a souvent une ori­gine multifactorielle, et on hiérarchisera les hypothèses différemment selon l’âge de l’animal. Par exemple, un vieux chat qui s’amaigrit souffre très probablement d’une insuffisance rénale, d’une hyperthyroïdie, d’un diabète sucré et/ou d’un processus tumoral,alors qu’un retard de croissance chez un chiot est souvent causé par une ali­mentation inadaptée ou du parasitisme intestinal.

Approche diagnostique

Il faut obtenir une anamnèse détaillée, surtout en ce qui concerne la quantité et la qualité de l’alimentation, les dernières vermifugations, une modification de l’exercice physique, et tout autre signe clinique pouvant aider à établir le diagnostic. La durée et la sévérité de la perte de poids doit être notée. Il faut réaliser un examen clinique complet, en prêtant une attention particulière à l’état corporel ainsi qu’à tout signe de maladie sous­-jacente.

L’approche diagnostique sera influencée par l’âge de l’animal et par la présence éventuelle d’autres signes cliniques spécifiques (se reporter aux chapitres correspondants). L’urgence des recherches entreprises sera aussi influencée par la vitesse de la perte de poids. Si l’on a exclu une mauvaise prise alimentaire et qu’aucun autre signe clinique n’est flagrant, il faut faire une prise de sang pour effectuer des analyses sanguines et biochimiques (dont l’urée, la créatinine, l’albumine, les globulines, les enzymes hépatiques, les acides biliaires, le sodium, le potassium, le calcium,le phosphore et le glucose) ainsi que des analyses urinaires (densité et bandelette urinaire, et s’il y a une quantité significative de protéines faire le rapport avec la créatinine). La concentration sérique en thyroxine T4 doit aussi être mesurée chez les chats âgés. Chez les chiots et les chatons, en l’absence de signe clinique pertinent, il faut envoyer un prélèvement de fèces pour recherche de parasites et/ou prescrire un traitement vermifuge approprié avant de poursuivre les investigations.

Traitement

Si l’alimentation est incorrecte, il faut commencer par la corriger. Si un doute persiste quant au protocole de vermifugation effectué, en particulier chez les jeunes animaux, il faut en prescrire un nouveau. La plupart du temps, un traitement efficace sera basé sur l’identification et la prise en charge de la cause sous-jacente.

Si la perte de poids continue et qu’aucune cause ne peut lui être attribuée après les examens entrepris initialement, il faut poursuivre les investigations. Les radiographies de l’abdomen peuvent révéler des éléments indétectables à la palpation (ex : tumeur). Les patients atteints d’une affection gastro-intestinale ou d’une insuffisance pancréatique exocrine peuvent présenter des vomissements ou une diarrhée de façon peu fréquente, ou bien le propriétaire peut ne pas avoir remarqué les signes gastro-intestinaux (ex : chats ayant accès à l’extérieur) : chez ces patients, on recommande de doser l’immuno-réactivité du trypsinogène (TLI) ainsi que de la vitamine B12 et B0. D’autres examens complémentaires tels qu’une échographie abdominale, une endoscopie ou une biopsie peuvent être nécessaires pour établir un diagnostic définitif. Les tests de dépistage des maladies infectieuses peuvent être utiles, bien que généralement les patients montrent d’autres signes cliniques ; par exemple dans le cas du FIV, du FeLV ou de la PIF chez les chats ; ou dans le cas de la leishmaniose chez les chiens qui se sont rendus dans une région endémique.

Il est important de s’assurer que le régime alimentaire est adapté à l’animal, qu’il est correctement distribué et consommé avant de se lancer dans des tests onéreux. Chez les chiots et les chatons, il est en général plus économique de prescrire une vermifugation plutôt que d’effectuer une coproscopie de façon systématique dès que l’on soupçonne un parasitisme intestinal. Des indices sur l’origine des symptômes peuvent souvent être détectés au cours de l’examen clinique, et éviteront de réaliser des examens complémentaires inutiles.

La perte de poids

décembre 9th, 2014 | Redigé par admin in La perte de poids - (0 Comments)

Chez un chien ou un chat en bon état corporel, on sentira facilement une fine couche de gras recouvrir les côtes. On pourra également voir sa taille s’affiner en arrière des côtes lorsqu’on le regarde du dessus. On s’apercevra souvent qu’un changement de poids a eu lieu quand cette silhouette idéale est modifiée. Cependant, le propriétaire peut se tromper quant à l’origine du changement de poids de son animal. Par exemple, les chiens présentant à la fois une distension abdominale et une fonte musculaire, peuvent donner l’impression à leurs propriétaires d’avoir pris du poids, alors qu’ils en ont perdu. Les animaux en croissance perdent rarement du poids, mais ils peuvent souffrir d’un retard de croissance lorsqu’ils apparaissent trop maigres pour leur âge.

Une perte de poids peut avoir beaucoup d’origines différentes et doit toujours être considérée comme pathologique, sauf si le propriétaire a lui-même réduit la quantité de nourriture ou augmenté son niveau d’exercice. Lorsque la perte de poids est progressive, le propriétaire mettra plus de temps à s’en rendre compte. Il est donc conseillé de noter le poids de son animal à chaque visite vétérinaire, afin de mieux apprécier tout changement.

Quels sont les symptômes ?

Ils peuvent être de 4 types différents, avec de multiples origines :

Insuffisance de l’apport calorique due à :

  • une alimentation de mauvaise qualité ou en quantité insuffisante

  • une maladie systémique, causant une perte d’appétit ou une anorexie (ex : insuffisance rénale chronique)

  • une impossibilité à s’alimenter, par exemple suite à un traumatisme crânien

  • une augmentation du niveau d’exercice ou de travail

Une mauvaise absorption intestinale due à :

  • des parasites intestinaux

  • une atteinte gastro-intestinale

  • une insuffisance du pancréas exocrine

Une incapacité à utiliser les calories absorbées due à :

  • un diabète sucré

  • une affection hépatique

  • un syndrome néphrotique

Une augmentation du métabolisme causée par :

  • une hyperthyroïdie (chez les chats)

  • une maladie infectieuse ou inflammatoire chronique

  • une cachexie associée à un processus tumoral ou à une insuffisance cardiaque

Une perte de poids a souvent une origine multifactorielle, il faut donc hiérarchiser les hypothèses différemment selon l’âge de l’animal. Un vieux chat qui s’amaigrit souffre très probablement d’une insuffisance rénale, d’une hyperthyroïdie, d’un diabète sucré et/ou d’un processus tumoral, alors qu’un retard de croissance chez un chiot est souvent causé par une alimentation inadaptée ou du parasitisme intestinal.

Comment y remédier ?

Si l’alimentation est incorrecte, il faut commencer par la corriger. Si un doute persiste quant au protocole de vermifugation effectué, en particulier chez les jeunes animaux, il faut en faire un nouveau. La plupart du temps, un traitement efficace sera basé sur l’identification et la prise en charge de la cause sous-jacente.

Que faire si l’état de s’améliore pas ?

Il faut poursuivre les investigations si la perte de poids continue malgré les premiers examens. Les radiographies de l’abdomen peuvent révéler des éléments indétectables à la palpation (ex : une tumeur). Les patients atteints d’une affection gastro-intestinale ou d’une insuffisance pancréatique exocrine peuvent présenter des vomissements ou une diarrhée de façon peu fréquente, ou bien le propriétaire peut ne pas avoir remarqué les signes gastro-intestinaux (ex : chats ayant accès à l’extérieur). D’autres examens complémentaires tels qu’une échographie abdominale, une endoscopie ou une biopsie peuvent être nécessaires pour établir un diagnostic définitif. Les tests de dépistage des maladies infectieuses peuvent être utiles, bien que généralement les patients présentent d’autres signes cliniques.