Les plaies de léchage

mars 13th, 2015 | Redigé par admin in Les plaies de lechage - (0 Comments)
© Willee Cole - Fotolia.com

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La dermatite de léchage des extrémités est causée par un léchage excessif d’une extrémité distale d’un membre. Les causes du léchage sont difficiles à déterminer chez un individu, mais trois principales causes peuvent être envisagées :

  • le léchage peut être dû à du prurit, qui se manifeste soit focalement à l’endroit de la lésion, soit de façon plus étendue à la suite d’une affection cutanée prurigineuse diffuse. Parmi les causes possibles, on distingue une folliculite ou une furonculose staphylococcique, une démodécie, un corps étranger, une infection fongique, une dermatite atopique, une hypersensibilité alimentaire ou une tumeur.

  • le léchage peut aussi être provoqué par une douleur ou un inconfort, bien souvent dû à une douleur neuro­ musculaire ou osseuse. Les causes possibles incluent une atteinte articulaire, un dysfonctionnement des nerfs, une tumeur touchant le plexus brachial ou les nerfs pelviens, ou encore la présence d’un implant chirurgical.

  • le léchage peut avoir une composante psychologique ou comportementale, qui sera généralement associée à l’une des catégories précédentes. Les facteurs pouvant favoriser son apparition sont l’anxiété, l’ennui, la séparation ou une maladie compulsive obsessionnelle.

Signes cliniques

La dermatite de léchage des extrémités se présente comme une plaque bien délimitée, alopécique et ulcérative sur la partie distale d’un membre. Elle touche souvent la face dorsale du carpe, mais on peut aussi la retrouver sur le tarse. Typiquement, le chien se lèche et se mordille incessamment au même endroit. Une autre zone peut être touchée, même si généralement le prurit est moins sévère.`

Le vétérinaire examinera attentivement les lésions, les palpera et exercera une pression pour essayer de détecter une éventuelle infection profonde ou un corps étranger. L’examen cytologique d’un calque et d’un raclage cutané profond permettront de détecter rapidement une démodécie (ou gale folliculaire) ou une infection. Il est essentiel d’obtenir une anamnèse complète et de réaliser un examen clinique minutieux afin de rechercher des éléments pouvant révéler une affection sous-jacente.

Si l’anamnèse ou l’examen clinique mettent en évidence des signes de prurit dans une autre région, il est possible que le problème soit plus étendu. Le vétérinaire examinera consciencieusement le membre atteint afin de détecter tout signe de douleur ou de parésie, et on palpera les régions inguinales et axillaires à la recherche d’éventuelles masses. On pensera à signaler si l’animal a eu une intervention chirurgicale au niveau de la lésion. Le praticien pourra aussi se renseigner sur le style de vie du chien et son activité, afin de déterminer si pour sa race, il est suffisamment actif et stimulé. Lorsque la lésion semble assez proliférative ou augmente de taille, une biopsie pourra être réalisée afin d’écarter l’hypothèse d’une tumeur.

Quel traitement ?

Il n’existe pas de traitement systématiquement efficace pour traiter cette affection, et les vétérinaires devront parfois essayer plusieurs approches thérapeutiques avant d’en trouver une efficace. Et même lorsqu’un traitement adapté est suivi,les lésions peuvent mettre de deux à trois mois avant de disparaître totalement. Si le clinicien a détecté une autre affection, il faudra la traiter en même temps que la lésion. Il arrive, en particulier lorsqu’aucune origine n’est établie, qu’aucun traitement ne soit complètement efficace.

Si on relève des éléments cliniques et/ou cytologiques d’infection staphylococcique, on mettra en place un traitement systémique avec des antibiotiques. La céfalexine est l’antibiotique de choix et devra parfois être administrée jusqu’à huit semaines. On nettoiera quotidiennement la lésion avec un shampooing contenant du peroxyde de benzoyle, sauf s’il se révèle être irritant.

Il est aussi indispensable d’empêcher le chien d’aggraver la lésion, en lui mettant une collerette, un bandage ou une chaussette. Si le vétérinaire pense que l’infection n’est pas primaire, ou si la lésion ne régresse pas après un traitement antibiotique, un traitement topique avec des corticoïdes est indiqué. On pourra les appliquer sous forme de crème, de gel ou de spray. Ils aideront à réduire l’épaississement de la peau tout en diminuant le prurit.

Il est possible de choisir de la bétaméthasone ou de l’hydrocortisone acéponate. On appliquera les corticoïdes deux fois par jour au départ, puis on réduira à une fois par jour lorsque la lésion commencera à guérir. On poursuivra le traitement jusqu’à ce que la lésion ait totalement disparu et que les poils aient repoussé.

Si le vétérinaire suspecte une composante psychologique au problème, il faudra envisager une modification comportementale. Il peut être conseillé par exemple d’emmener le chien en promenade plus régulièrement, de lui laisser plus de liberté, d’augmenter la compagnie des humains et des autres chiens, de lui fournir plus de jouets, plus d’objets à mâchonner et de retirer toute source évidente de stress.

Si aucun traitement médical n’est efficace, il existe des alternatives dont l’efficacité est variable, comme l’acupuncture, la radiothérapie, le laser, la cryo-chirurgie ou la résection chirurgicale. Cependant, la cryo-chirurgie et l’exérèse chirurgicale sont difficiles à réaliser car l’ouverture spontanée de la plaie est fréquente.