Souvent considérée comme une consultation rapide de « rattrapage », la visite annuelle est ordinairement associée aux rappels de vaccination. C’est une vision très partielle de cet examen important et nécessaire : la visite médicale annuelle doit permettre de faire un bilan de santé complet de l’animal, de prendre le temps d’étudier ses problèmes, de discuter avec le propriétaire de ses propres observations, et de détecter les signes précurseurs de futures maladies.

Les observations des propriétaires

C’est souvent à l’occasion de cette visite que le propriétaire soumettra au vétérinaire ses observations sur le comportement de son compagnon ou sur ses petits « bobos » : il peut s’agir d’un problème de surpoids, d’une légère boiterie (une raideur au lever ou une hésitation à sauter pouvant être le signe d’une maladie dégénérative des articulations), de diarrhée intermittente, de problèmes dentaires ou dermatologiques, et enfin de troubles comportementaux. Les problèmes liés à l’alimentation ou au comportement peuvent être complexes à résoudre et peuvent nécessiter, selon leur gravité, une consultation spécifique, afin de ne pas « empiéter » sur le protocole de vaccination.

L’examen clinique

Cet examen est d’autant plus important si l’animal n’est effectivement pas venu voir son vétérinaire depuis au moins une année. Durant l’examen, le vétérinaire demandera au propriétaire s’il a noté des régions qui posent problème. Il s’attachera à rechercher les signes suivants :

  • les signes d’infection

  • les conditions nécessitant un traitement pouvant interférer avec l’efficacité du vaccin, comme les corticoïdes ou les immunosuppresseurs.

  • Les affections graves rendant le vaccin superflu, comme par exemple l’identification d’une masse anormale.

Comme des prédispositions raciales existent pour certaines maladies, l’examen d’un jeune animal devra être tout aussi scrupuleux que celui d’un animal plus âgé, afin de renforcer le dépistage précoce.

Il faut bien sûr être attentif aux changements qui auraient pu échapper au propriétaire parce qu’il n’a pas les « clefs » pour les identifier : une cataracte, une tumeur palpébrale, des nodules cutanés, etc.). Avec l’âge, l’incidence des maladies augmente, il faut donc identifier tous les symptômes et quantifier leur importance.

Recommander des examens complémentaires ou des traitements

Si une anomalie est détectée, le vétérinaire peut recommander d’autres examens ou un traitement. Comme il est possible que le propriétaire vienne alors de découvrir que son animal souffre de quelque chose de plus ou moins grave, le sujet doit être abordé avec précaution ! Certains clients demanderont à ce que le problème soit traité tout de suite, indépendamment du coût. D’autres voudront s’informer au préalable du bénéfice apporté par rapport à son coût avant de prendre une décision. Ils donneront en général leur accord si l’amélioration sera tangible à court ou moyen terme. A mesure que l’animal vieillit, il faut aussi prendre son âge et sa fragilité face à certains traitements en considération.

La vaccination

Pour beaucoup de clients, elle est la raison principale de leur venue annuelle chez leur vétérinaire. Les protocoles vaccinaux sont établis par la clinique, en tenant compte des besoins de chaque animal selon son mode de vie. Comme la durée de l’immunité induite dépend de antigènes utilisés, il n’est pas nécessaire de vacciner à nouveau contre toutes les maladies chaque année.

Les autres médecines préventives

La visite médicale annuelle est aussi l’occasion de rediscuter des autres moyens de prévention en plus des vaccins. Trois sujets sont particulièrement importants à aborder : les traitements anti-parasitaires, la prévention des problèmes dentaires et de l’obésité.

Le nombre de produits anti-parasitaires a augmenté sur le marché, permettant aux propriétaires de mieux respecter les doses et les fréquences d’administration. Il faut toujours donner des explications simples au patient afin qu’il se rappelle le but de chaque produit et de la façon de l’appliquer.

Les problèmes dentaires (comme chez les humains!) sont généralement négligés chez les carnivores domestiques. La visite médicale annuelle est une bonne occasion de renforcer les conseils concernant la prévention tels que le brossage des dents ou l’utilisation de lamelles contre le tartre. C’est aussi l’occasion de conseiller d’effectuer des détartrages aux ultrasons régulièrement afin de prévenir l’apparition de complications comme la maladie parodontale.

L’obésité est de plus en plus courante, mais particulièrement difficile à traiter chez les animaux de compagnie. Les problèmes cliniques qui en découlent ou qui sont exacerbés par le surpoids sont bien connus (diabète, maladies articulaires, cardiaques, etc.), mais de nombreux propriétaires d’animaux obèses admettent mal que leur animal doive suivre un régime. Il faut pour les convaincre que leur animal se sentira mieux beaucoup de tact et d’arguments.

C’est d’ailleurs au cours de la visite annuelle que l’on peut peser l’animal et noter son poids. Suivre son évolution permettra de surveiller d’éventuels changements.