Clément Bordenave, consultant en imagerie médicale

27, Mar, 2017 | Rédigé par admin

Pour la réalisation d’échographies et d’imagerie cardiaque et abdominale, la clinique du Pont de Neuilly travaille régulièrement en collaboration avec des vétérinaires itinérants ou des consultants spécialisés dans ce type d’actes.

Portrait de Clément Bordenave, vétérinaire itinérant et consultant en imagerie médicale (Vet4You).

Peu de gens savent que beaucoup de praticiens officient en itinérant. Pouvez-vous nous expliquer comment vous travaillez ?

Clément Bordenave : Effectivement, il existe des vétérinaires itinérants dans plusieurs domaines, les deux plus importants étant en imagerie et en chirurgie. Je viens donc réaliser des actes d’imagerie chez mes confrères cliniciens, dans leur clinique, à leur demande. J’effectue en moyenne 200 à 250 Km par jour, pour 4 à 8 cliniques en moyenne par jour.

Comment se passe votre travail à la clinique ? Racontez-nous une intervention type !

Clément Bordenave : Concrètement, mes confrères font appel à moi par téléphone ou par mail, pour convenir d’un rendez-vous. Les délais entre la prise de rendez-vous et le jour de l’échographie vont du jour même à 24h pour les cas urgents. Les délais peuvent être plus longs sur les cas chroniques, ou les contrôles.

J’ai donc avec moi, dans ma voiture, tout le matériel nécessaire : échographe portable, gel échographique, et matériel pour ponctions.

A mon arrivée à la clinique, le vétérinaire me laisse une salle à disposition : salle de consultation, salle de chirurgie, salle de radiographie, salle de préparation, etc… Je n’ai besoin que d’une table de consultation et d’une prise électrique ! Seule contrainte : pour la bonne réalisation d’un examen échographique, il est nécessaire d’être dans l’obscurité : le choix de la salle se fait donc essentiellement en fonction de ce critère.

Le propriétaire peut évidemment assister à l’examen. Lorsqu’il est présent, je lui demande de rester proche de son animal, de lui parler, de le caresser, pour le rassurer. Lorsqu’il n’est pas présent (pour les animaux hospitalisés par exemple), ce sont le vétérinaire ou ses assistants qui m’aident.

Lorsque j’installe mon matériel, je demande au propriétaire (ou à mon confrère) les informations sur l’animal (âge, race, sexe), l’anamnèse (les raisons de la consultation chez le vétérinaire, et les raisons qui motivent une échographie), les examens complémentaires déjà réalisés, etc.

Je propose deux types d’examens échographiques : échocardiographie, ou échographie abdominale.

– Pour l’échocardiographie, l’animal sera maintenu debout sur ses 4 pattes par une seule personne (propriétaire, vétérinaire ou assistant). J’effectue un bref examen clinique et ausculte son coeur pour évaluer plusieurs paramètres : rythme, fréquence, intensité. Puis, si nécessaire, je peux tondre les poils sur un petit carré juste derrière les deux coudes. La peau est ensuite mouillée avec de l’alcool, puis j’applique du gel échographique, et l’examen peut commencer.

– Pour l’échographie abdominale, l’animal est couché sur le dos, les 4 pattes en l’air, soit dans un coussin en forme de U, soit sur un matelas, pour lui permettre un bon confort, ce qui contribuera à réduire son stress. Le propriétaire, s’il est là, se place à sa tête, et lui tient les deux antérieurs, tandis qu’une autre personne lui tient les deux postérieurs. Une tonte de l’abdomen est systématiquement réalisée (les ultrasons ne traversant pas les poils). Puis, comme pour l’échocardiographie, alcool et gel, et l’examen peut commencer.

Durant l’examen, je commente systématiquement les images aux propriétaires : en utilisant un vocabulaire compréhensible par tous, notamment les personnes qui ne sont pas du domaine médical, je suis convaincu que la totale compréhension des traitements passe d’abord par une totale compréhension des lésions.

Si nécessaire, je peux effectuer d’autres examens complémentaires à la suite de l’échographie :

Mesure de pression artérielle systémique (utilisation d’un récepteur placé à la base de la queue ou au bout des pattes et d’un brassard gonflable)

Cytoponctions : ponction d’un liquide ou d’une masse décelés lors de l’examen échographique, cette ponction est réalisée à l’aide d’une aiguille de la même taille que celles utilisées pour les vaccins. Il s’agit d’un acte non douloureux (autant qu’un vaccin), et peut donc se faire sur animal vigile (pour autant que l’animal soit coopératif). Si l’animal s’est débattu pendant l’échographie, une sédation sera alors nécessaire avant la ponction. Cet acte permet de recueillir du liquide ou des cellules, qui seront envoyés au laboratoire pour analyses.

Biopsies : récolte de « carottes » de tissus. Cet acte nécessite une sédation obligatoire, ainsi qu’un bilan de coagulation. La biopsie a l’avantage de récolter un morceau de tissu (et non des cellules comme la cytoponction). Il s’agit donc d’un examen plus précis et qui permet le diagnostic dans tous les cas (contrairement à la cytoponction, diagnostic dans 80% des cas). Cependant, la biopsie est plus traumatique (grosse aiguille) et douloureuse, et nécessite donc la sédation. Cet acte peut faire légèrement saigner, voila pourquoi il est indispensable de savoir avant si l’animal n’a aucun trouble de coagulation.

A la fin de l’échocardiographie, nous avons conçu, à Vet4you, un schéma du coeur, pour expliquer au propriétaire l’anomalie cardiaque de son animal (un schéma est toujours bien plus clair que des explications orales). Il pourra conserver ce schéma.

Un examen échographique dure en moyenne 20 minutes, et ma présence dans la clinique (incluant l’échographie) dure 45 minutes. A la fin de la journée, le vétérinaire et le propriétaire reçoivent par mail le compte-rendu détaillé de l’échographie ainsi que les images.

Pouvez-vous nous dire sur quelles pathologies les imageries cardiaques et abdominales sont particulièrement utiles pour affiner les diagnostics, voire même décisives dans des cas difficiles à analyser ?

Clément Bordenave : L’échocardiographie est utile pour évaluer toute anomalie cardiaque décelée à l’auscultation, comme un rythme cardiaque irrégulier, une fréquence trop basse ou trop élevée, une intensité moindre (coeur qu’on entend moins fort que d’habitude), un souffle cardiaque surajouté. Des symptômes peuvent également être liés à un problème cardiaque, et motiver une échocardiographie : essoufflement ou fatigue anormale après effort, toux, respiration plus rapide. Des anomalies radiographiques (comme un oedème pulmonaire, un épanchement thoracique ou abdominal, une taille du coeur augmentée) ou au bilan sanguin (marqueurs cardiaques augmentés, etc.) sont également des éléments qui motivent un examen échocardiographique.

L’échographie abdominale permet d’évaluer un animal avec :

des symptômes : animal abattu, qui ne mange plus, déshydraté, qui présente de la diarrhée ou des vomissements, qui urine davantage ou boit davantage, sang dans les urines, douleurs à uriner, écoulements vulvaires, etc.

des anomalies au bilan sanguin : paramètres hépatiques, rénaux, pancréatiques augmentés etc.

des anomalies à l’examen clinique : couleur de muqueuse anormale, jaunisse, palpation d’une masse dans l’abdomen, etc.

des anomalies aux autres examens complémentaires : masse ou épanchement vu à la radiographie par exemple

Mais l’échographie abdominale peut également se faire pour des choses positives ! Par exemple, pour un contrôle de régression des lésions ou une échographie de gestation pour vérifier la bonne santé des foetus. L’échocardiographie permet aussi de dépister d’éventuelles anomalies de naissance.

Enfin, d’autres échographies peuvent être réalisées : échographie musculo-tendineuse (lors de suspicion de tendinite, myosite ou déchirure musculaire), échographie thyroïdienne (lors de suspicion d’hyperthyroïdie ou hypothyroïdie), échographie cutanée (évaluation de masses, recherche de corps étrangers pénétrants, etc.).

Site Internet : www.vet4you.fr

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