Etouffements et vomissements

21, Jan, 2016 | Rédigé par admin
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Le chien ou le chat donnant l’impression de s’étouffer essaie généralement de dégager son pharynx à cause d’une sensation de gêne. Ce signe clinique, tout comme des tentatives infructueuses pour vomir, sont des symptômes fréquemment rencontrés et sont parfois le reflet d’une affection sous-jacente sévère. Il est généralement assez facile de différencier ces deux signes cliniques lors de l’examen de l’animal, ou selon la description que donne le propriétaire.

Principaux diagnostics différentiels

  • Corps étranger pharyngé – souvent un épillet, une aiguille, un hameçon ou un os

  • Blessure pharyngée – souvent provoquée par un objet pointu comme un os

  • Tumeur pharyngée comme une tumeur de la région amygdalienne (ex : mélanome, carcinome épidermoïde) ou un polype de la trompe d’Eustache (chez les chats)

  • Amygdalite

  • Adénomégalie – en particulier si elle touche les nœuds lymphatiques rétropharyngés associée à une abcédation ou une cancérisation

  • Corps étranger dans la trachée – il peut être inhalé ou avoir été aspiré depuis l’œsophage

  • Trachéite d’origine infectieuse (ex : trachéobronchite infectieuse) ou parasitaire (ex : Oslerus osleri)

  • Affection œsophagienne – en particulier présence d’un corps étranger (on retrouve souvent un os de forme irrégulière bloqué au niveau de la base du cœur) ou œsophagite. Un mégaœsophage peut être à l’origine des symptômes mais il est généralement associé à des régurgitations

  • Vomissements à jeun

  • Dilatation-torsion de l’estomac – cette affection très grave se manifeste par des tentatives généralement improductives pour vomir

  • Affection cardiaque (chez les chiens) – les quintes de toux sévères aboutissent souvent au vomissement d’un peu de mucus

  • Malformation génétique comme un voile du palais trop long ou une hypertrophie des ventricules laryngés.

Approche diagnostique

Lorsqu’un animal essaie de vomir et semble s’étouffer, il
faut demander si ces signes sont apparus soudainement ou progressivement, et si le comportement de l’animal a changé. Lorsqu’il y a un corps étranger, les symptômes apparaissent brutalement et l’animal est très agité. Quand un corps étranger est présent en région oropharyngée, on observe fréquemment du ptyalisme (avec parfois présence de sang) et l’animal se donne des coups de patte au niveau de la bouche. Il peut continuer à boire mais il s’alimente souvent difficilement. Les premiers symptômes, souvent sévères, évoluent généralement favorablement en 24h, il faut donc faire attention à l’interprétation de l’efficacité d’un traitement empirique. Les symptômes apparaissent et évoluent d’une façon plus insidieuse lorsqu’ils sont associés à une tumeur ou une malformation congénitale ; ils ne feront dans ce cas qu’empirer avec la progression de la maladie. Dans ces cas-là, l’appétit est généralement conservé.

On palpera la tête, la gorge et le cou à la recherche de signes de douleur ou d’asymétrie. On prêtera une attention particulière aux nœuds lymphatiques régionaux. Il faut essayer d’examiner la cavité buccale, mais cet examen peut être compliqué à réaliser s’ il est douloureux pour l’animal. Lorsque l’on suspecte fortement la présence d’un corps étranger, il convient de bien examiner la région oropharyngée. Il faut donc avoir un éclairage suffisant, ce qui nécessite souvent une anesthésie générale. Même s’il est possible d’établir le diagnostic sans anesthésie, il faudra en effectuer une pour retirer le corps étranger. Lors de l’examen, il faudra observer les cryptes amygdaliennes et l’arrière du palais mou. Si l’on détecte une plaie pharyngée ou un trajet fistuleux, il convient de bien l’explorer pour vérifier qu’il ne contient pas d’éléments étrangers. Un abcès à la base de la langue suggère la présence d’un corps étranger à l’intérieur.

Les clichés radiographiques sont utiles pour détecter la présence et la position des corps étrangers métalliques tels que les aiguilles ou les hameçons, mais ils ne permettront pas de voir un épillet, du bois ou une arête de poisson qui sont pourtant des corps étrangers courants en région oropharyngée. Un examen échographique de cette région peut aider à détecter une augmentation de l’épaisseur des tissus mous, un déplacement ou une cavité pouvant indiquer la présence d’un corps étranger en place ou migrant. L’anesthésie permettra aussi de détecter une malformation pharyngée ou laryngée, ou une tumeur. Si le clinicien ne trouve aucune lésion pharyngée, on recommande d’effectuer des radiographies du cou et du thorax afin de rechercher la présence d’un éventuel mégaœsophage, d’une obstruction ou d’un corps étranger dans l’oesophage.

Les chiens donnent fréquemment l’impression d’essayer de vomir ou de s’étouffer après une quinte de toux prolongée. Ces quintes peuvent être provoquées par une affection du tractus respiratoire ou une affection cardiaque, typiquement une insuffisance cardiaque congestive. Les symptômes pourront facilement être reliés à une origine cardia-respiratoire grâce à l’auscultation du cœur et des poumons. Il faudra parfois faire appel à des clichés radiographiques du thorax, à une échocardiographie ou à une endoscopie. Lorsque l’animal vomit trop fréquemment, il continuera à faire des efforts pour vomir entre les crises. A partir de l’anamnèse, il sera alors facile d’identifier les vomissements comme origine des symptômes, et il conviendra donc de rechercher leur cause. La dilatation-torsion de l’estomac est toujours associée à des efforts pour vomir, il est assez facile d’identifier cette affection grâce aux signes cliniques.

Traitement

Il est nécessaire d’établir un diagnostic pour pouvoir mettre en place un traitement approprié. La majorité des cas sont associés à une atteinte pharyngée et nécessitent un examen sous anesthésie générale pour que le pharynx, la trachée et l’œsophage puissent être correctement évalués. L’anesthésie générale facilitera également la réalisation de clichés radiographiques ou d’une échographie s’ils sont nécessaires. Lorsque le clinicien retire un corps étranger ou s’il détecte une lésion pharyngée, on recommande de prescrire des antibiotiques à court terme ainsi que des anti­ inflammatoires pour contrôler l’œdème pharyngé.

Lorsque l’on suspecte une trachéobronchite aiguë chez un chien, la prescription d’antibiotiques peut augmenter la vitesse de guérison. Lorsque les efforts pour vomir sont provoqués par une toux chronique, il convient de mettre en place un traitement adapté à l’affection présente, cardiaque ou respiratoire. De la même façon, lorsque les symptômes sont associés à des vomissements répétés, il faut rechercher la cause des vomissements.

Que faire si son état ne s’améliore pas ?

Les signes associés à la présence d’un corps étranger disparaitront spontanément après son retrait. es complications surviennent généralement à la suite d’une blessure profonde par le corps étranger, de la migration d’un épillet ou d’un corps étranger dans l’œsophage. Les blessures causées par un corps étranger et les abcès rétropharyngiens se révèlent parfois difficiles à gérer et peuvent nécessiter une opération chirurgicale assez lourde. Un corps étranger situé dans l’oesophage peut engendrer l’apparition d’une zone de nécrose à l’endroit de l’impaction plusieurs jours après son retrait, et provoquer un pneumothorax sévère, ainsi qu’une détresse respiratoire. Lors d’insuffisance cardiaque congestive ou d’infection respiratoire, si le traitement est adéquat, il devrait être efficace.

Lorsque l’on suspecte fortement la présence d’un corps étranger, d’une tumeur ou d’une malformation dans la sphère oropharyngée, il suffit d’examiner la région sous anesthésie générale pour établir le diagnostic, le pronostic, et effectuer les soins nécessaires, et ainsi éviter les frais liés à la prescription d’un traitement empirique. Lorsque l’anamnèse et l’examen clinique suggèrent la présence d’une infection respiratoire ou d’une insuffisance cardiaque congestive, il est possible de démarrer un traitement d’essai sans pousser les examens complémentaires. De la même façon, lorsque les symptômes sont provoqués par des vomissements répétés, il est préférable de les contrôler avec un anti­-émétique.

On conseille de référer s’il est impossible d’établir le diagnostic avec le matériel et le personnel disponibles au sein de la clinique. Il est aussi recommandé de référer l’animal lorsqu’il nécessite une opération chirurgicale complexe, comme pour le retrait d’un corps étranger dans l’œsophage (on est parfois amené à effectuer une thoracotomie s’il est impossible de retirer le corps étranger par endoscopie ou fluoroscopie). L’anatomie du pharynx et du cou étant complexe, il est préférable qu’un chirurgien expérimenté effectue cette opération. Il est également recommandé de référer les animaux lorsqu’ils nécessitent des traitements spécifiques tels qu’une chimiothérapie.

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