La leptospirose

Qu’est-ce que la leptospirose ?

La leptospirose est une zoonose largement répandue dans le monde, due à une bactérie un spirochète, du genre Leptospira. Ses principaux réservoirs sont les rongeurs, en particulier les rats, qui excrètent la bactérie dans les urines. Les leptospires se maintiennent assez facilement dans le milieu extérieur (eau douce, sols boueux), ce qui favorise la contamination. La maladie chez l’homme bien que souvent bénigne peut cependant être sévère dans 5 à 20% des cas.

Quels risques pour l’homme ?

La maladie est de nos jours relativement rare en France et sous forme sporadique. Il s’agit surtout d’une zoonose professionnelle, pour des travailleurs exécutant de façon habituelle certains travaux, comme le personnel de traitement des eaux usées, les pisciculteurs, les pêcheurs…

Il existe différentes formes de la maladie, du fait que le genre Leptospira est constitué de nombreuses espèces. Notons la leptospirose ictéro-hémorragique (due à L.ictero-hemorragiae), forme majeure, endémique, la plus fréquente et la plus anciennement connue, et les leptospiroses dites mineures à symptomatologie incomplète ou atténuée.

La période d’incubation de la maladie est d’environ 15 jours. Les premiers symptômes associent fièvre, frissons, douleurs musculaires et céphalées. En quelques jours les signes évoluent avec des atteintes viscérale, du foie, du rein, voire une méningite hémorragique. Actuellement, en France, la mortalité est faible.

Comment risque-t-on d’être contaminé ?

La transmission se fait surtout par contact avec les milieux souillés, par les animaux infectés. Les animaux en particulier les rongeurs (rats, campagnols, ragondins) mais aussi le chien par exemple, constituent le réservoir bactérien. Ces animaux rejettent les bactéries Leptospira dans le milieu extérieur par leurs urines.

L’homme se contamine le plus souvent par contact cutané ou muqueux avec la bactérie, au niveau d’une plaie ou au contact d’une peau « macérée » par une immersion longue dans une eau infectée. Le germe n’est généralement pas présent dans la salive et les morsures ne jouent pas un rôle direct dans la contamination de l’homme (elles sont cependant à l’origine de plaies pouvant offrir une porte d’entrée à la bactérie). Par la suite, les bactéries passent dans le sang où elles se multiplient puis gagnent la rate, le foie, le cerveau et d’autres organes.

La contamination peut aussi se faire, même si plus rarement, par voie digestive, nasale, conjonctivale même si celle-ci est saine. La transmission par inhalation n’est pas exclue (aérosols). La transmission inter-humaine est exceptionnelle

Les animaux se contaminent pas les mêmes modes que les hommes… essentiellement par contact avec des milieux souillés par les urines d’animaux infectés (ou ingestion…).

Comment s’en prémunir ?

* La première prévention est l’hygiène :

Elle repose sur l’information des personnels à risque, la lutte contre les rongeurs, l’assainissement des berges des cours d’eau, le contrôle des eaux de baignade, le nettoyage des locaux infectés et des règles générales d’hygiène surtout dans les professions exposées à la maladie. Ces règles passent par le lavage systématique des mains (le port des gants est recommandé), éviter de manger ou boire dans l’animalerie, changer quotidiennement de tenue de travail, éviter de manipuler de l’eau douce à mains nues. La lutte contre l’infection des animaux domestiques permet également d’éviter la contamination de l’homme.

* La prévention médicale passe par la vaccination :

Chez l’homme, la vaccination n’est malheureusement efficace que contre un seul type de leptospire, le Leptospira icterohemorragiae responsable de la leptospirose ictérohémorragique. La vaccination ne protège donc pas contre les autres formes de leptospiroses. Le vaccin est efficace et bien toléré. En France, le vaccin chez l’Homme est proposé uniquement aux travailleurs très exposés (égoutiers, éboueurs).

Par contre, un vaccin existe pour les chiens : il est très largement utilisé en France et très fortement préconisé.

N.B. : Les renseignements utiles que vous trouverez dans ces pages ne remplaceront pas ceux que vous obtiendrez auprès de votre médecin traitant. N’hésitez pas à le questionner à ce sujet.

Références :

ACHA P.N. et SZYFRES B. : Zoonoses et maladies communes à l’homme et à l’animal – 13ème édition 2001.

– BENET JJ : WWW.vet-alfort.fr – Cours des maladies contagieuses.

– E. PILLY : Maladies infectieuses et tropicales – 19ème édition 2004

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