Le cas de Elvis

6, Déc, 2014 | Rédigé par admin

Elvis, le cane corso de Virginie, a aujourd’hui 8 ans et court comme un lapin. Mais ce n’était pas gagné d’avance. Très jeune, Elvis a manifesté de graves symptômes d’une dysplasie de la hanche qui l’handicapait beaucoup. Elvis boitait en permanence, présentait une fonte musculaire et une douleur aiguë à l’extension de ses hanches. « Il avait les pattes arrière complètement tordues et avait du mal à marcher », se souvient Virginie. Elle l’a donc confié au docteur Benaïm, qui témoigne : « La dysplasie est une affection fréquente touchant principalement les chiens de grande race, qui est due à un développement anormal de la hanche lors de la croissance du chiot. L’hérédité est un facteur majeur de la dysplasie. Il peut arriver néanmoins que les parents soient indemnes mais qu’ils possèdent tout de même des gènes de la maladie. »

Elvis aujourd'hui

Elvis aujourd’hui

Quels sont les signes d’une dysplasie ?

La dysplasie de la hanche engendre une laxité de l’articulation de la hanche. De ce fait, la tête fémorale et le cotyle (cavité articulaire) se déforment en s’aplatissant. De l’arthrose apparaît sur l’articulation et est cause de douleurs. Parfois, l’articulation peut être si modifiée que suite à un traumatisme mineur, elle peut se luxer. L’animal se met alors subitement à boiter. La réduction de la luxation (remise en place) est généralement inefficace car la hanche est trop modifiée.

Généralement les signes cliniques de dysplasie coxo-fémorale peuvent être décelés vers l’âge de 3 mois (il existe alors des traitements chirurgicaux précoces très efficaces) mais le diagnostic est plus souvent réalisé vers 8 à 12 mois, comme ce fut le cas pour Elvis.

Certains chiens ne montrent les premiers signes de dysplasie que vers 2 ans, voire quand ils sont âgés. Les signes cliniques d’un problème peuvent d’abord apparaître comme une intolérance à l’exercice. Les sauts de lapin, la difficulté à se lever après un repos, une boiterie sur un postérieur, et l’atrophie des muscles des postérieurs sont des signes caractéristiques.

La luxation de la hanche est une autre indication de chirurgie. Si des signes d’arthrose sont présents lors de luxation de la hanche, ou en cas de luxation ancienne, la hanche ne peut être remise en place dans le cotyle. Une prothèse totale de hanche ou une résection arthroplastie  de la tête et du col fémoraux sont alors indiqués. Les fractures graves de l’acétabulum ou de la tête ou du col fémoraux ne peuvent parfois pas être réparées.

Une forme de dégénérescence de l’articulation coxo-fémorale, appelée maladie de Legg-Perthes-Calve existe chez les petits chiens en raison d’une altération de la vascularisation de la tête fémorale. Cette maladie provoque l’effondrement de la tête du fémur et il en résulte de la douleur.

But de l’opération

L’animal est  anesthésié. Le membre et la hanche à opérer sont entièrement tondus. Une incision est réalisée sur la région de la hanche. L’articulation coxo-fémorale est exposée et la tête et le col fémoraux sont ôtés. Les plans musculaires, graisseux et cutané sont refermés. Si nécessaire, la tête fémorale est envoyée pour analyse histologique.

Après la chirurgie, des tissus fibreux se forment dans la région de l’articulation coxo-fémorale, empêchant ainsi le contact os contre os. La masse musculaire maintient la hanche en place. La patte opérée sera légèrement plus courte qu’en pré-opératoire, mais cela ne cause aucun problème fonctionnel.

Convalescence

Virginie pensait que son chien ne marcherait jamais correctement, et qu’il courrait encore moins. « Mais l’opération a extrêmement bien fonctionné et un an après, tout était oublié, Elvis courait très bien. David s’en est très bien occupé ». Le docteur Benaïm l’atteste : « La plupart des animaux vont bien après cette intervention. Ils commencent à poser la patte et à s’y appuyer dans les deux semaines suivant la chirurgie. L’appui se montre progressivement plus franc et la récupération est complète en 2 à 3 mois. A noter que pour les animaux de plus grande taille, une faiblesse peut être observée sur le membre opéré. Ceci est dû à la musculature supportant la hanche, un exercice trop important pouvant mener l’animal à boiter. Des anti-inflammatoires peuvent soulager l’animal en cas de besoin. Elvis, quant à lui, a récupéré en 2 mois une locomotion quasi normale. »

Quels soins post-opératoires?

Des soins sont évidemment prodigués à l’animal opéré, le contrôle de la douleur post-opératoire est gérée au besoin avec de la morphine. Une fois de retour à la maison, des médicaments seront prescrits pendant quelques jours.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’activité n’est pas limitée après la chirurgie. En fait, l’exercice permet de limiter la formation d’adhérences et donc de maintenir la mobilité de l’articulation de la hanche. La rééducation doit être réalisée jusqu’à ce que l’animal utilise normalement sa patte. Ceci consiste en des mouvements de flexion et d’extension de l’articulation de la hanche. La nage, lorsqu’elle est possible, est une autre forme de physiothérapie. Il est aussi recommandé que des séances de rééducation soit réalisées avec le vétérinaire du service de rééducation fonctionnelle.

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