L’anorexie ou le manque d’appétit

juin 14th, 2016 | Redigé par admin in Anorexie - (0 Comments)
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Le manque d’appétit ou l’anorexie sont des signes fréquents mais non spécifiques de maladies systémiques, et ils peuvent aussi être causés par des sensations de nausée. Un manque d’appétit doit être différencié d’un animal ayant un appétit difficile, ce qui est particulièrement courant chez les chiens de race de petite taille.

Principaux diagnostics différentiels

  • Incapacité à sentir la nourriture (ex : coryza du chat)

  • Fièvre

  • Douleur

  • Problème dentaire

  • Trouble gastro-intestinal, en particulier présence d’un corps étrangers, d’une tumeur intestinale, d’une in­tussusception ou d’une gastro-entérite sévère

  • Insuffisance rénale

  • Trouble hépatique

  • Pancréatite

  • Insuffisance cardiaque

  • Anémie

  • Processus tumoral

  • Désordre métabolique (ex : hypokaliémie, hypercalcémie ou maladie d’Addison)

Approche diagnostique

Il faut obtenir une anamnèse détaillée, car d’autres symptômes peuvent être d’une plus grande aide afin de diagnostiquer le problème à l’origine des signes cliniques. Pour pouvoir s’assurer de l’importance et des conséquences du manque d’appétit ou de l’anorexie, il faut demander au propriétaire quel pourcentage de la quantité habituelle de nourriture l’animal il a mangé, depuis combien de temps l’appétit diminue, s’il a perdu du poids et s’il boit normalement. Il faut réaliser un examen clinique complet de tous les appareils. L’abdomen en particulier doit être palpé avec attention afin de rechercher la présence d’éventuelles masses, car on peut facilement passer à côté. Il faut également noter l’état corporel, l’état d’hydratation et les indicateurs d’une éventuelle maladie sous-jacente.

Les démarches diagnostiques seront orientées selon la présence ou l’absence de signes spécifiques révélateurs de certaines maladies. Si aucun signe clinique révélateur n’est présent, et qu’une origine alimentaire est exclue, on recommande d’effectuer une prise de sang pour faire une analyse des paramètres hématologiques et biochimiques. On inclura dans la biochimie au moins l’urée, la créatinine, l’albumine, les globulines, les enzymes hépatiques, les acides biliaires, le sodium, le potassium, le calcium, le phosphore et le glucose. Les analyses urinaires (densité urinaire, bandelette urinaire ± test de sédimentation) peuvent être utiles, en particulier si l’azotémie est augmentée, afin de déterminer si l’atteinte est rénale ou prérénale. Si rien ne ressort des analyses hématologiques, biochimiques et urinaires, il est préférable de réaliser des radiographies du thorax et de l’abdomen.

Traitement

L’identification et le traitement spécifique du problème en cause permettront un retour de l’appétit. Durant la période de convalescence, il faut conseiller au propriétaire de proposer de petites quantités de nourriture appétente et réchauffée comme du poulet ou du poisson cuits, ou encore une alimentation humide vendue au cabinet adaptée à la convalescence. Certains animaux apprécieront d’être nourris à la main,mais il faut éviter de les forcer à manger car ils peuvent développer une aversion envers la nourriture proposée. Les chats en particulier ont tendance à refuser de s’alimenter durant leur hospitalisation, et l’on est parfois contraint de les renvoyer chez eux plus tôt que prévu.

Que faire si l’état ne s’améliore pas ?

Une anorexie totale durant plus de trois jours chez les chats, et cinq jours pour les chiens, devient une urgence vitale. Ce risque est d’autant plus important chez les chats à cause du risque de lipidose hépatique. Il faut hospitaliser le patient, lui poser une voie veineuse pour le réhydrater si nécessaire, et lui fournir les fluides nécessaires à ses besoins d’entretien. Il faut également rétablir l’équilibre électrolytique (lors d’hypokaliémie par exemple). Il faut essayer de l’alimenter par voie entérale (la nourriture doit être absorbée à partir du tube digestif.

Si le patient reste anorexique, il faut mettre en place une sonde naso-œsophagienne. Elles sont en général assez bien tolérées, simples à mettre en place, et idéales pour l’alimentation à court terme des patients qui ne vomissent pas et qui n’ont pas d’atteinte œsophagienne. Les animaux peuvent quand même manger d’eux-mêmes avec la sonde en place. Certains animaux tolèrent d’être nourris à la seringue mais seules des personnes ayant l’habitude doivent le faire à cause du risque de fausse route, et ilne faut pas continuer si l’animal l’accepte mal.

Les orexigènes peuvent parfois être utiles, avec par exemple le diazépam en IV chez les chats, ou bien de la cyproheptadine ou du mirtazapine par voie orale (chiens et chats). En cas de suspicion de nausée, on peut administrer du maropitant ou du métoclopramide. On supplémente parfois avec de la vitamine B12, mais elle ne présente d’intérêt que si sa concentration était basse chez l’animal (ex : parfois lors d’atteinte gastro­ intestinale). On ne recommande pas l’utilisation empirique des anti-inflammatoires stéroïdiens (AIS) pour stimuler l’appétit, il vaut mieux les réserver aux patients souffrant d’une maladie pour laquelle on est sûr que leur administration est indiquée, ou comme traitement palliatif lorsque les propriétaires refusent toute investigation/traitement supplémentaire.

L’alimentation par voie parentérale (par exemple par voie intra-veineuse) doit être réservée à un nombre limité de patients dont le fonctionnement intestinal est sévèrement compromis, et n’est en général pas mise en place dans les cabinets classiques. li faut noter que les perfusions contenant du glucose isotonique, ou supplémentées en acides aminés, n’apportent qu’une très faible proportion des besoins caloriques quotidiens, et ne peuvent pas remplacer une alimentation par voie entérale comme énoncée plus haut.

Si le patient ne s’alimente toujours pas malgré l’identification d’une affection spécifique et la mise en place de son traitement, les cliniciens doivent rechercher une autre cause aux symptômes. Il faut refaire un examen clinique afin de s’assurer que de nouveaux signes cliniques ne sont pas apparus ou n’ont pas été négligés. Il faut également réévaluer les résultats des analyses sanguines et des clichés radiographiques pour s’assurer de ne rien avoir manqué.

Le manque d’appétit ou l’anorexie sont des signes fréquents mais non spécifiques de maladies systémiques, et ils peuvent être aussi causés par des sensations de nausée. Un manque d’appétit doit être différencié d’un animal ayant un appétit difficile, ce qui est particulièrement courant chez les chiens de race de petite taille.

Principaux symptômes

  • incapacité à sentir la nourriture

  • fièvre

  • douleur

  • problème dentaire

  • trouble gastro-intestinal, en particulier présence d’un corps étranger, d’une tumeur intestinale ou d’une gastro-entérite sévère

  • insuffisance rénale

  • trouble hépatique

  • pancréatite

  • insuffisance cardiaque

  • anémie

  • processus tumoral

  • désordre métabolique

Pour pouvoir s’assurer de l’importance et des conséquences du manque d’appétit et de l’anorexie, il faut que le propriétaire puisse indiquer au vétérinaire quel pourcentage de la quantité habituelle de nourriture l’animal a-t-il mangé, depuis combien de temps l’appétit diminue, s’il a perdu du poids et s’il boit normalement. Il faut réaliser un examen clinique complet de tous les appareils. L’abdomen en particulier, doit être palpé avec attention afin de rechercher la présence d’éventuelles masses, car on peut facilement passer à côté. Il faut également noter l’état corporel, l’état d’hydratation et les indicateurs d’une éventuelle maladie sous-jacente.

Par la suite, les démarches diagnostiques seront orientées selon la présence ou l’absence de signes spécifiques révélateurs de certaines maladies. Si aucun signe clinique révélateur n’est présent, et qu’une origine alimentaire est exclue, on recommande d’effectuer une prise de sang pour faire une analyse des paramètres hématologiques et biochimiques ainsi que des analyses urinaires. Si encore une fois rien ne ressort de ces analyses, il est préférable de réaliser des radiographiques du thorax et de l’abdomen.

Quel traitement ?

L’identification et le traitement spécifique du problème en cause permettront un retour de l’appétit. Durant la période de convalescence, le propriétaire devra proposer des petites quantités de nourriture appétente et réchauffée, comme du poulet ou du poisson cuits, ou encore une alimentation humide vendue en clinique adaptée à la convalescence. Certains animaux apprécieront d’être nourris à la main, mais il faut éviter de les forcer à manger car ils peuvent développer une aversion envers la nourriture proposée.

Que faire si son état ne s’améliore pas ?

Une anorexie totale durant plus de trois jours chez les chats, et cinq jours chez les chiens, devient une urgence vitale. Ce risque est d’autant plus important chez les chats à cause du risque de lipidose hépatique. Il faut hospitaliser l’animal, lui poser une voie veineuse pour le réhydrater si nécessaire, et lui fournir les fluides nécessaires à ses besoins d’entretien. Il faut également rétablir l’équilibre électrolytique. Il faut essayer de l’alimenter par voie entérale. Si l’animal reste anorexique, il faudra mettre en place une sonde naso-oesophagienne. Elles sont en général assez bien tolérées, simples à mettre en place, et idéales pour l’alimentation à court terme des patients qui ne vomissent pas et qui n’ont pas d’atteintes oesophagienne. Les animaux peuvent quand même manger d’eux-mêmes avec la sonde en place. Certains animaux tolèrent d’être nourris à la seringue mais seules des personnes ayant l’habitude doivent le faire à cause du risque de faire fausse route, et il ne faut pas continuer si l’animal l’accepte mal.