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La majorité des affections orthopédiques chez les jeunes chiens en croissance résultent d’anomalies du développement du système squelettique (os, articulations ou tissus mous). Les chiens immatures sont également sensibles à de nombreuses affections squelettiques inflammatoires et traumatiques pouvant provoquer une boiterie et de la douleur.

Les anomalies du développement les plus courantes et principales prédispositions raciales

  • Dysplasie de la hanche : races moyennes à grandes ainsi que certaines races de petite taille (bouledogues, épagneuls)

  • Ostéochondrose de l’épaule, du jarret ou du grasset : races moyennes à grandes, épagneuls et bull terriers

  • Complexe de la dysplasie du coude (inclut la fragmentation du processus coronoïde de l’ulna ± l’ostéochondrose disséquante du condyle médial de l’humérus ± non-union du processus anconé) : races moyennes à grandes

  • Luxation patellaire- petites races, Labradors et parfois grandes races, comme le dogue allemand

  • Nécrose aseptique de la tête fémorale (Maladie de Legg-Calvé-Perthes) : terriers.

Les affections inflammatoires

  • Panostéite : Berger allemand, races moyennes à grandes

  • Ostéodystrophie hypertrophique (ostéopathie métaphysaire) – tous les chiens, mais plus particulièrement le Border Collie, le Dogue allemand et le Braque de Weimar. Se produit souvent après la vaccination.

Les blessures traumatiques

  • Fracture osseuse

  • Fracture du cartilage de croissance

  • Déformation angulaire due à une fermeture prématurée du cartilage de croissance : races moyennes à grandes après un traumatisme mineur ou races chondrodystrophiques sans traumatisme.

Signes cliniques

La dysplasie de la hanche

Les chiens souffrant d’une dysplasie de la hanche ont généralement les deux membres postérieurs raides et boitent, ils refusent de jouer ou de faire de l’exercice. La conformation des membres postérieurs est parfois très redressée (en particulier chez le labrador), l’arrière-train semble bancal,et ils courent parfois en « saut de lapin » au lieu de trotter. A l’examen clinique, on notera souvent un mauvais développement de la masse musculaire postérieure, une douleur lors de l’extension et parfois de l’abduction des hanches. li est possible de détecter des crépitations ou des bruits sourds (provoqués par la subluxation ou la réduction de l’articulation) au niveau de la hanche au cours de sa manipulation.

L’ostéochondrose

L’ostéochondrose provoque des douleurs articulaires importantes et des effusions marquées, qu’il est possible d’identifier lorsqu’on sent l’articulation gonflée en la palpant doucement à la main. La flexion forcée de l’articulation peut être douloureuse. l’ostéochondrose est souvent bilatérale, bien qu’une articulation soit souvent plus douloureuse que l’autre, ce qui rend la boiterie unilatérale. Si les deux articulations sont touchées, on pourra généralement détecter une douleur bilatérale au cours de l’examen clinique.

La dysplasie du coude

Lorsqu’un animal est atteint d’une dysplasie du coude, il présente une boiterie et une douleur au niveau d’un ou des deux membres antérieurs. Les propriétaires rapportent une raideur, une réticence à jouer et une tendance à rester allongé. Les membres antérieurs sont souvent en rotation externe quand le chien est assis ou debout, probablement car cette position lui permet de soulager la pression et la douleur qui sont localisées dans la partie médiale du coude. Dans les cas chroniques, on remarquera parfois une amyotrophie des muscles de l’avant-bras. Chez les chiens sévèrement atteints, on pourra palper des poches caudo-latérales au coude, remplies de liquide et gonflées, qui correspondent à des effusions. On mettra facilement en évidence une douleur à la fois en effectuant une flexion extrême du coude (le carpe touche alors l’épaule) tout en mettant la patte en supination, et en effectuant une extension forcée (en forçant au-delà de l’amplitude physiologique).

La nécrose aseptique de la tête fémorale

La nécrose aseptique de la tête fémorale est une affection très douloureuse ; les chiens touchés présenteront soit une boiterie très prononcée, soit ils ne poseront plus du tout la patte. La manipulation des hanches est très inconfortable, en particulier lors de l’extension.La boiterie chronique engendre souvent une amyotrophie visible et palpable sur le membre touché. Cette affection est généralement unilatérale, mais il arrive qu’elle soit bilatérale ; dans ce cas, un membre est généralement plus atteint que l’autre.

La luxation patellaire

On ne détecte généralement pas de douleur à l’examen clinique lors d’une luxation patellaire. Au départ, le problème est intermittent, lorsque la patella se luxe durant la locomotion, le membre restera bloqué en flexion durant quelques pas, ce qui donne l’impression que le chien boite en sautillant. Avec le temps, beaucoup de chiens sont présentés avec une boiterie persistante car la patella reste bloquée en luxation plus longtemps. Lors de luxation patellaire chez les jeunes chiens en croissance, le déplacement médial de la patella peut provoquer une déformation osseuse au cours de la croissance et un genu recurvatum.

La panostéite

Lors de panostéite, on observe généralement une boiterie des antérieurs, mais il est possible que les postérieurs soient atteints. Les chiens atteints de cette affection ressentent de la douleur au niveau des os longs, qui est provoquée par des modifications inflammatoires dans la cavité médullaire. Les os qui peuvent être touchés sont l’ulna, le radius, l’humérus, le fémur et le tibia. a boiterie est souvent épisodique, elle peut affecter des os différents dans le temps, ce qui provoque une boiterie cyclique ou qui change de localisation avec le temps. Une forte pression avec les doigts sur un os affecté provoque une douleur vive. Il arrive occasionnellement que le chien manque d’appétit et présente une légère hyperthermie. L’incidence de cette maladie est beaucoup plus élevée chez les mâles que les femelles.

L’ostéodystrophie hypertrophique

Lors d’ostéodystrophie hypertrophique, on observe une boiterie affectant généralement les quatre membres. Le chien a de la fièvre, ne s’intéresse à rien et est léthargique. On observe une douleur et un gonflement marqué des métaphyses distales des os longs (radius/ ulna et tibia/fibula). La pression douce d’une métaphyse provoque une réaction douloureuse qu’il faut essayer de différencier d’une douleur d’origine articulaire. Le chien devient souvent très malade et le clinicien doit anticiper la morbidité qui est assez élevée

Les fractures physaires

Les fractures physaires (au niveau du cartilage de croissance) sont courantes chez les chiots à la suite d’un traumatisme mineur, tel que sauter d’un meuble ou tomber des bras de son propriétaire. e chien souffrant d’une fracture physaire ne pose plus le(s) membre(s) touché(s) et la (ou les) région(s) touchée(s) est (sont) très douloureuse(s) et souvent enflée(s). Les fractures au niveau des cartilages de croissance peuvent être associées ou non à un déplacement marqué de l’os. Un traumatisme du cartilage de croissance peut être à l’origine de sa fermeture prématurée et d’un arrêt de la croissance au niveau de cette physe, ce qui peut engendrer un raccourcissement relatif de l’os touché. Pour les os pairs, une fermeture prématurée du cartilage de conjugaison de l’ulna ou de la fibula provoquera une déformation appelée un valgus (vers l’extérieur), alors qu’une fermeture prématurée du cartilage de conjugaison du radius ou du tibia provoquera un varus (vers l’intérieur). Le cartilage de conjugaison distal de l’ulna est le plus souvent touché, on aura alors une rotation externe de la patte, un valgus et une inclinaison crâniale du radius. Les chiens touchés boitent généralement car la différence de longueur entre les os pairs provoque une douleur articulaire (généralement au niveau du coude). Les cliniciens doivent garder à l’esprit qu’il est possible que le cartilage de conjugaison se ferme prématurément même en l’absence de modification sur les clichés radiographiques. Il faut donc avertir les propriétaires qu’ils doivent surveiller leur animal de près pour qu’ils puissent détecter tout signe de déformation angulaire après de telles blessures.

Techniques diagnostiques spécifiques

Pour la dysplasie de la hanche

Il est possible de diagnostiquer une dysplasie de la hanche en utilisant à la fois l’examen clinique et les clichés radiographiques. Le test d’Ortolani est utilisé pour déterminer le degré de la dysplasie et pour évaluer l’intégrité du bord dorsal de l’acétabulum. Lorsqu’on apprend à effectuer ce test, il est préférable de le faire sur un chien en décubitus latéral très sédaté ou anesthésié. On réalise cette technique comme suit :

  1. L’articulation du grasset du membre supérieur est tenue fermement et la hanche est maintenue avec le fémur placé perpendiculairement à la colonne vertébrale. Le pouce de l’autre main de l’opérateur est placé doucement sur le grand trochanter.

  2. Tout en appliquant une pression modérée de direction proximale le long de l’axe du fémur (pour simuler le poids du corps), on effectue une abduction lente du grasset. Chez les chiens immatures atteints d’une dysplasie de la hanche ou d’une laxité ligamentaire au niveau de la hanche, la force dirigée de façon proximale sur le fémur entraine une subluxation de l’articulation de la hanche. Au fur et à mesure que l’on effectue l’abduction de la hanche, on finit par atteindre le point où la tête fémorale retourne dans l’acétabulum. Ces mouvements sont détectables par palpation grâce à la main placée sur le grasset et le pouce sur le trochanter.

  3. Tout en continuant à appliquer une force axiale sur le grasset, il faut ensuite effectuer une adduction du grasset, au cours de laquelle on sentira la hanche se subluxer. En répétant cette manœuvre, le clinicien essaie de déterminer les caractéristiques de la transition entre la réduction et la subluxation. Un craquement indique que le bord dorsal de l’acétabulum est sain ; à l’inverse, lorsque l’on sent des grattements, ils indiquent que le bord dorsal de l’acétabulum est très abîmé.

Il est possible de diagnostiquer une dysplasie de la hanche avec des clichés radiographiques en vue ventra-dorsale, membres en extension ou en position de « grenouille » (ou la méthode PennHip• avec calcul de l’indice de distraction lorsqu’elle est disponible).

La subluxation/luxation des hanches est visible sur la vue ventro-dorsale en extension, ainsi que sur la vue en distraction. Les chiens souffrant d’une dysplasie de la hanche développent rapidement une arthrose secondaire, qui provoque par la suite la formation d’ostéophytes facilement repérables sur la tête et le col du fémur ainsi que sur le bord crânial de l’acétabulum. Dans les cas sévères, la tête fémorale s’aplatit et l’acétabulum devient large et peu profond. La vue en grenouille permet d’évaluer la réduction des articulations de la hanche lorsque les fémurs sont en abduction, ce qui est utile pour prendre des décisions concernant la chirurgie.

Pour l’ostéochondrose

On diagnostique l’ostéochondrose grâce à des clichés radiographiques des articulations touchées. On prendra des vues perpendiculaires. Les lésions d’ostéochondrose se présentent sous la forme de concavités dans la surface articulaire ; elles sont dues à une mauvaise ossification de l’os sous-chondral, ce qui provoque un épaississement de la région avec des précurseurs cartilagineux radiotransparents, qui contrastent avec l’os sous-chondral normal autour. Pour l’épaule et le grasset, on conseille d’utiliser une incidence média-latérale ; cependant, les lésions d’ostéochondrose du jarret sont plus facilement visibles avec une incidence dorso-plantaire. Lorsque l’on voit des lésions d’ostéochondrose disséquante minéralisées, le fragment cartilagineux minéralisé apparaît comme une petite structure fine légèrement radio-opaque se situant à l’endroit où l’on trouve normalement les contours de l’os sous-chondral articulaire. Pour l’épaule, une arthrographie est très utile pour rechercher la présence de lambeaux d’ostéochondrose disséquante, en effet leur présence est déterminante dans le choix de la procédure chirurgicale. Lorsque le lambeau se détache, on peut voir du cartilage minéralisé à l’intérieur de la capsule articulaire (connu sous le nom de souris articulaire).

Pour la dysplasie du coude

Pour identifier une dysplasie du coude, l’idéal est d’effectuer une radiographie du coude en flexion complète avec une incidence média-latérale, ainsi qu’un autre cliché de l’articulation en extension avec une incidence crânio-caudale. Cette maladie est associée au développement rapide de signes d’arthrose secondaire et il est possible d’apercevoir des ostéophytes au niveau du processus anconé sur la vue du coude en flexion maximale. S’il s’agit d’une non-union du processus anconé, on verra clairement une ligne radiotransparente au niveau du processus anconé (ce diagnostic ne peut être établi que chez les chiens de plus de cinq mois car la fusion du processus peut parfois s’effectuer tardivement). Les lésions situées sur le condyle huméral médial seront visibles sur l’incidence crânio-caudale. Chez les chiens souffrant d’une dysplasie du coude, on verra un liseré radio-transparent sous-chondral ; il est souvent associé à une délimitation floue de la région ulnaire coronoïdienne. Certains chiens atteints d’une dysplasie du coude ou d’une affection du compartiment médial du coude ne présentent aucun signe radiographique au moment de l’examen clinique. Le diagnostic peut nécessiter l’utilisation de la scintigraphie, d’une IRM, d’un scanner ou d’une arthroscopie.

Pour la luxation patellaire

Une luxation de la patella est généralement diagnostiquée grâce à l’examen clinique, et non pas avec un cliché radiographique. De plus, Il est plus facile de confirmer le diagnostic chez un animal conscient car la tension du quadriceps joue un rôle dans la luxation et la réduction de la rotule. On conseille d’examiner le grasset avec le chien debout, en soutenant l’abdomen caudal pour éviter qu’il ne s’assied. On maintiendra le grasset en position physiologique avec l’extrémité du membre légèrement surélevée par rapport au sol. L’opérateur effectuera une rotation interne de la patte arrière, et avec son autre main, il appliquera une pression du côté latéral de la patella pour la repousser médlalement tout en réalisant une flexion lente du grasset. On obtiendra ainsi un déplacement médial de la patella lors de luxation patellaire médiale. Une fois le grasset en flexion, on appliquera une pression sur la patella en direction latérale tout en effectuant l’extension du grasset avec l’extrémité du membre en rotation externe. Cette manipulation permet de réduire les luxations patellaires médiales réductibles (une luxation sévère de la patella ne pourra pas être réduite à l’examen clinique, elle restera luxée du début à la fin). Il est possible de sentir des crépitations au cours de la manipulation, ce qui met en évidence des pertes de cartilage articulaire et des modifications arthrosiques. On détectera une luxation patellaire latérale en appliquant une pression latérale sur la rotule après avoir effectué une rotation externe du membre postérieur durant la flexion du grasset.

Pour la nécrose aseptique de la tête fémorale

La meilleure méthode pour diagnostiquer une nécrose aseptique de la tête fémorale est de prendre des clichés radiographiques. On conseille d’effectuer une incidence dorso-ventrale en extension et une vue en grenouille. Il est nécessaire de bien sédater ou d’anesthésier l’animal pour qu’il soit correctement positionné. On verra à la radio des tachetures radiotransparentes et une augmentation de la densité osseuse au niveau de la tête fémorale, associée à une augmentation de la taille de l’espace articulaire au niveau des hanches. li arrive que les lésions soient plus facilement visibles sur une vue plutôt qu’une autre, bien qu’une seule incidence soit nécessaire s’il est possible de poser le diagnostic à partir du premier cliché réalisé.

Pour la panostéite

Il s’avère parfois difficile de diagnostiquer une panostéite à partir des clichés radiographiques lors de la première visite, car les signes radiologiques ne sont pas à la hauteur de l’importance des signes cliniques. Ils seront le plus souvent assez subtils, avec dans certains cas uniquement une légère augmentation de la densité trabéculaire. Un des aspects radiographiques caractéristique d’une panostéite est une augmentation de la densité osseuse au milieu d’un os long, presque comme une empreinte de pouce. Plusieurs de ces lésions peuvent être présentes, soit sur un os, soit sur plusieurs. Lorsque l’on suspecte une panostéite, on conseille d’examiner rapidement tout le squelette afin d’essayer de prendre des clichés radiographiques d’os qui présentent des lésions visibles. On recommande également d’effectuer les radiographies deux semaines après la première consultation car les lésions ne sont pas toujours visibles à la radio au début de la maladie lorsque l’inflammation et la douleur commencent à se mettre en place. Il arrive qu’il soit impossible d’établir un diagnostic de certitude en se basant sur les clichés radiographiques car les signes cliniques disparaissent avant d’avoir pu faire d’autres radiographies.

Pour les fractures physaires

Il est facile de diagnostiquer une fracture physaire ou des déformations angulaires des membres en prenant des clichés radiographiques avec des incidences orthogonales classiques. On conseille de radiographier les deux membres en utilisant le même positionnement et les mêmes réglages. Les fractures du cartilage de conjugaison sont caractérisées par le déplacement et/ou l’augmentation de la largeur du cartilage de conjugaison radiotransparent, et on a également parfois une déformation du membre. La déformation angulaire du membre qui fait suite à un traumatisme physaire est caractérisée par une minéralisation de l’emplacement normal du cartilage de conjugaison, ainsi que par un mauvais alignement du membre, dû à une inadéquation de longueur entre les os pairs du membre atteint et à une inadéquation de longueur entre les os controlatéraux (les os touchés sont plus courts et incurvés). Dans les cas sévères, on peut avoir une subluxation d’une articulation (ex : articulation du coude).

Quel traitement ?

Pour la dysplasie de la hanche

Certains chiens atteints d’une dysplasie de la hanche peuvent être traités efficacement avec une approche conservatrice. Avec la maturation de leur squelette, les signes cliniques vont s’atténuer et le chien retrouvera une activité normale. li convient de traiter l’inconfort que ressentent les chiens souffrant d’une dysplasie de la hanche. On prescrira des AINS durant 4 semaines pour contrôler la douleur, et on mettra en place un programme de restriction de l’exercice afin de limiter la douleur provoquée par la mise en action répétée et brutale des articulations lorsque le chien joue. On recommande de faire des promenades courtes régulièrement avec le chien en laisse. Si le traitement conservateur fonctionne, l’état du chien doit s’améliorer nettement en deux semaines. Pour les chiens répondant mal au traitement conservateur mais ayant une bonne intégrité du bord dorsal acétabulaire (voir plus haut), il faut les référer rapidement pour subir une opération chirurgicale (ostéotomie péri-acétabulaire) si l’on veut éviter que de l’arthrose ne se développe au niveau des hanches. S’il n’est pas envisageable d’opérer pour des raisons financières ou cliniques, on poursuivra le traitement conservateur visant à réduire la douleur le temps que le chiot devienne adulte, car la douleur aiguë de la dysplasie a tendance à se calmer à l’âge adulte. Lorsque les signes cliniques sont sous contrôle, on pourra augmenter graduellement la durée des promenades au pas et en laisse. Le contrôle de l’activité (et si nécessaire l’administration d’un AINS) doit être poursuivi jusqu’à la fin de la maturation du squelette. Si un AINS en particulier semble inefficace et que la douleur persiste de façon marquée, il peut être utile d’essayer un autre AINS ; on peut également utiliser d’autres molécules analgésiques en plus qui ne possèdent pas d’AMM telles que le tramadol et/ou l’amantadine.

Les options chirurgicales pour la dysplasie de la hanche incluent :

  • Ostéotomie péri-acétabulaire – recommandée pour les jeunes chiens dont le bord dorsal de l’acétabulum est intact et la laxité ligamentaire légère. Si l’on sent un raclage lors du test d’Ortolani,c ette chirurgie est contre-indiquée

  • Prothèse totale de la hanche : recommandée pour les chiens ayant toujours mal malgré le traitement médical et dont le squelette est mature ou presque mature

  • Résection de la tête et du col du fémur : cette option est moins onéreuse et peut être indiquée

pour les chiens ne répondant pas au traitement conservateur lorsque le budget des propriétaires exclut de référer pour une prothèse totale.

Pour l’ostéochondrose de l’épaule

Lors d’ostéochondrose sans lambeau cartilagineux visible,on envisagera un traitement conservateur avec une limitation de l’exercice et un AINS durant 4 semaines. S’il y a un lambeau cartilagineux, son retrait (par arthroscopie ou arthotomie) permettra de soulager la douleur et la boiterie de façon beaucoup plus efficace (en 2 à 4 semaines) qu’un traitement conservateur (en 6 à 12 mois). Lorsque l’on détecte des lambeaux de façon bilatérale, il est recommandé de traiter par étape. Le retrait des lambeaux cartilagineux permet de façon prouvée d’obtenir une guérison plus rapide que l’approche chirurgicale traditionnelle.

Pour la dysplasie du coude

La dysplasie du coude est surtout douloureuse pour les chiens encore en croissance, puis la douleur tend à s’atténuer lorsque leur squelette atteint sa maturité. Lors de la première présentation et du diagnostic, le traitement consistera en une restriction stricte de l’exercice, associée à la prescription d’un AINS durant quatre semaines. S’il n’y a pas d’amélioration notable au bout de 2 semaines, il convient de changer de molécule anti-inflammatoire. Lorsque l’état du chien ne s’améliore pas après quatre semaines sous traitement conservateur,ilest possible d’envisager l’une de ces opérations chirurgicales pour améliorer plus rapidement son confort et la boiterie :

  • Exploration par endoscopie avec retrait du fragment par arthroscopie : recommandée lors d’atteinte du processus coronoïde ou du condyle huméral médial. Après le traitement par arthroscopie, jusqu’à 70 % des chiens cesseront d’avoir besoin d’un traitement avec un AINS lorsqu’ils atteindront leur maturité squelettique

  • Une ostéotomie de l’ulna proximale associée à une fixation du processus anconé par une vis : indiquée pour les chiens dont le processus anconé est intact mais ne répondant pas au traitement conservateur, et à condition que les clichés radiographiques permettent de s’assurer que les modifications arthrosiques ne sont pas suffisamment sévères pour compromettre la rémission postchirurgicale

  • Débridement coronoïdien

  • Coronoïdectomie

  • Ostéotomie de l’ulna proximale

  • Ostéotomie humérale de glissement

  • Ténectomie partielle du tendon brachial afin de relâcher l’ulna

Ces dernières techniques sont réservées aux chiens sévèrement atteints et à ceux dont le retrait des fragments cartilagineux par arthroscopie a été insuffisant, mais il n’existe aucun consensus les concernant. Il faut garder à l’esprit que l’arthrose progressive est une séquelle fréquente de la dysplasie du coude, qu’il y ait eu un traitement médical ou chirurgical.

Pour la nécrose aseptique de la tête fémorale

Le traitement de choix de la nécrose aseptique de la tête fémorale (ou maladie de Legg-Perthes-Calvé) est la résection tête-col du fémur. On pense qu’environ 10 % des chiens touchés répondent au traitement conservateur. Il arrive que les chiens de petite race préfèrent éviter d’utiliser leur membre après son traitement chirurgical, ce qui est mauvais signe pour le pronostic de récupération de la fonctionnalité de ce membre à long terme. Après une intervention chirurgicale, il faut encourager les animaux à utiliser leur membre le plus rapidement possible et leur faire faire de la physiothérapie.

Pour la luxation patellaire

Il est conseillé de traiter une luxation patellaire chez un jeune chien par la chirurgie. Les techniques chirurgicales possibles sont la transposition de la crête tibiale, la sulcoplastie de la trochlée fémorale ou l’ostéotomie du tibia et du fémur. L’origine d’une luxation de la patella est un problème mécanique,un traitement médical ne sera donc pas curatif.

Pour la panostéite

On utilisera un traitement conservateur avec un AINS et une restriction stricte de l’activité durant les crises avec boiterie et douleur. Un traitement sur une semaine est généralement suffisant, mais la maladie étant épisodique, il faut s’attendre à de nouvelles crises. Il est possible d’apprendre aux clients possédant un chien souffrant d’une panostéite à reconnaître les signes d’inconfort afin de donner des AINS durant quelques jours si besoin.

Pour l’ostéodystrophie hypertrophique

L’ostéodystrophie hypertrophique est une affection sévère qui nécessite généralement d’hospitaliser les chiens afin de les perfuser, de mettre en place une analgésie adaptée et d’assurer leurs besoins nutritionnels. Il n’existe actuellement aucun traitement spécifique pour cette affection, mais un traitement de soutien est généralement suffisant pour la rémission de la majorité des chiens.

Pour les fractures physaires

Les fractures physaires sont traitées au cas par cas, il est recommandé de demander conseil à un vétérinaire spécialisé en orthopédie afin d’interpréter correctement les clichés radiographiques et de prendre les bonnes décisions. Pour certaines fractures avec un déplacement faible et qui sont encore stables, il suffit de prescrire une analgésie adaptée et de faire un pansement de soutien. D’autres fractures physaires devront être fixées chirurgicalement à l’aide d’implants, qu’il conviendra de retirer ensuite assez rapidement pour éviter de stopper la croissance du cartilage de conjugaison. Les déformations angulaires des membres seront mieux prises en charge par des vétérinaires spécialisés en orthopédie, car leur gestion chirurgicale nécessite des compétences techniques spécifiques, et le pronostic à long terme sera meilleur dans les mains d’un spécialiste ayant de l’expérience.

Que faire si son état ne s’améliore pas ?

Lorsque le patient ne répond pas au traitement initial, il convient de l’examiner à nouveau dans les 2 à 4 semaines suivantes afin de réévaluer le diagnostic. On étudiera à nouveau les clichés radiographiques en prenant en compte les éléments du nouvel examen clinique. Il arrive que certaines affections douloureuses progressives touchant les articulations (par exemple, dysplasie de la hanche) ne s’améliorent pas rapidement uniquement avec des AINS. Concernant la dysplasie de la hanche, une des origines de la boiterie est la laxité ligamentaire, et pas uniquement la douleur ; ainsi, même lorsqu’ils ne ressentent plus la douleur, la démarche de certains chiens ne sera pas normale. Dans le cas où la douleur persiste, on conseille de prescrire une molécule analgésique supplémentaire comme décrit précédemment. Il est aussi utile d’interroger à nouveau le propriétaire afin de s’assurer que son niveau d’exercice est bien restreint comme recommandé. Si le traitement conservateur reste inefficace, il faudra envisager les options chirurgicales décrites précédemment.

arthrose de la hanche sur un  carlin  © Callalloo Twisty - Fotolia.com

arthrose de la hanche sur un carlin
© Callalloo Twisty – Fotolia.com

Le développement de l’arthrose est un mécanisme complexe mettant en jeu des interactions entre les processus de dégradation et de réparation du cartilage, de l’os et de la synovie, et qui possède aussi une composante inflammatoire secondaire. Cette maladie affecte principalement le cartilage articulaire, mais il y a aussi des modifications de l’os sous-chondral, de la synovie et du liquide synovial. Ce processus est irréversible et progressif en dépit de tout traitement actuellement disponible.

Chez les chats et les chiens, l’arthrose est généralement secondaire à un autre problème, comme par exemple une anomalie du développement, une instabilité articulaire, une incongruence articulaire ou un traumatisme. L’arthrose fait typiquement suite à des affections telles qu’une ostéochondrose, une dysplasie de la hanche, une luxation de la rotule, une affection du LCC ou une fracture touchant l’articulation. Elle touche parfois le coude chez les chats. Une arthrose primaire (pour laquelle aucune cause prédisposante n’est évidente) est rare chez les animaux.

Signes cliniques

Chez les chiens, l’arthrose se présente le plus souvent sous la forme d’une boiterie ou d’un refus de se déplacer. Généralement, l’affection est présente depuis longtemps lorsque les signes cliniques sont évidents. Le propriétaire rapporte une raideur,un refus de faire de l’exercice et de sauter/jouer/monter les escaliers. Dans les cas précoces ou modérés, la boiterie est plus marquée après le repos et disparaît au cours de l’exercice. Dans les cas plus sévères, la boiterie est exacerbée après l’exercice. Il est fréquent qu’un traumatisme mineur ou un exercice excessif soit associé à des symptômes aigus. Il arrive que les symptômes soient exacerbés lorsque le temps est humide et froid. Les chats atteints d’arthrose peuvent juste sembler moins actifs que d’habitude.

La meilleure façon d’évaluer la sévérité de l’arthrose est d’associer clichés radiographiques et examen clinique. La palpation des articulations et l’évaluation de leur amplitude de mouvement peut révéler certains de ces éléments :

  • Gonflement articulaire (effusion, fibrose péri­ articulaire, ostéophytes)

  • Diminution de l’amplitude des mouvements (détectable en effectuant une flexion et une extension passive jusqu’au maximum des capacités de mouvement)

  • Douleur articulaire (mise en évidence aux extrêmes des mouvements possibles)

  • Crépitements

  • Chaleur et gonflement (uniquement lors d’inflammation active).

Lors d’arthrose du genou, il faut vérifier qu’il n’y a pas une instabilité crânio-caudale à l’aide du signe du tiroir ou du test de compression tibial. Il convient également de vérifier qu’iln’y a pas une luxation de la patella car ces affections sous-jacentes peuvent être à l’origine d’une arthrose.

Les articulations touchées doivent être radiographiées avec deux incidences orthogonales. Les lésions radiologiques typiques de l’arthrose incluent :

  • des ostéophytes (proliférations osseuses en bordure de l’articulation)

  • un remodelage osseux (apparaît comme une modification du contour de l’os articulaire, ex : aplatissement de la tête fémorale, comblement et élargissement de la cavité acétabulaire)

  • un gonflement des tissus mous

  • une effusion articulaire (visible uniquement sur l’articulation du genou

  • une minéralisation intra et péri-articulaire (en particulier chez les chats)

  • une subluxation (séparation partielle des surfaces articulaires)

  • une sclérose sous-chondrale (visible comme une augmentation de la radio-opacité de l’os sous­ chondral adjacent à la surface articulaire)

Si la douleur articulaire est forte et que le diagnostic reste incertain,on conseille de prélever un échantillon de liquide synovial pour effectuer une analyse cytologique afin d’explorer l’hypothèse d’une affection inflammatoire articulaire.

Quel traitement ?

Le traitement médical de l’arthrose est palliatif et non curatif. Il n’est pas possible qu’un chien ou un chat atteint d’arthrose soit capable d’atteindre des performances athlétiques élevées; le but du traitement sera d’atteindre un niveau raisonnable d’activité.

Le traitement comporte quatre aspects :

*Ajustement de l’activité

Durant les quatre premières semaines, on restreindra de façon stricte l’activité d’un animal qui semble raide ou qui boite. Il convient d’éviter toute activité violente telle que des sauts ou des accélérations/ ralentissements rapides. Une fois les symptômes contrôlés, il est possible de reprendre une activité non violente de façon progressive. Le niveau d’activité pourra être augmenté jusqu’à un niveau satisfaisant n’induisant pas de boiterie. Si à n’importe quelle étape l’animal se remet à boiter, il faut lui imposer à nouveau une petite période de repos (jusqu’à quatre semaines 1 si nécessaire) avant de reprendre l’exercice. L’activité/ exercice doit être régulier et contrôlé chaque jour car une intensité irrégulière ou des activités de nature trop différente peuvent prédisposer à des douleurs articulaires. Il n’est pas nécessaire de limiter le niveau d’activité tant que ce dernier ne provoque pas le retour de la boiterie/raideur.

*Traitement de la douleur et de l’inflammation

On recommande de prescrire initialement des AINS durant 7 jours. Si la réponse au traitement est satisfaisante, on conseille de poursuivre les AINS durant 2 à 4 semaines afin de prévenir un retour précoce de la boiterie/raideur. Lorsque les symptômes sont contrôlés depuis quatre semaines, on recommande d’essayer d’arrêter le traitement afin de déterminer s’il est nécessaire de poursuivre un traitement médical à long terme ou non.

Si les symptômes ne régressent pas au bout de quatre semaines de traitement, il faut changer de molécule AINS. Cependant, le changement rapide d’une molécule AINS à une autre peut provoquer des problèmes gastro­ intestinaux sévères chez certains animaux. On conseille donc, pour éviter ce phénomène, d’arrêter la molécule précédente durant 5-7 jours avant d’introduire la nouvelle. Durant cette période, il est possible de soulager la douleur avec du paracétamol (Doliprane® 10 mg/kg toutes les 12 h, mais pas pour les chats),de la codéine (0,5-2 mg/kg toutes les 12 h) ou du tramadol (2-4 mg/kg toutes les 12 h).

Pour beaucoup de chats et de chiens, l’inconfort associé à l’arthrose devient tellement chronique qu’ils deviennent dépendants des AINS. On prescrira donc à ces animaux le médicament le plus efficace pour soulager les symptômes à long terme. Il ne faut cependant pas oublier les effets secondaires d’une utilisation à long terme des AINS et effectuer des bilans réguliers (cliniques et des analyses) afin de s’assurer que la santé de l’animal ne se détériore pas.

Les nutraceutiques tels que la glucosamine et les acides gras essentiels ont prouvé leur efficacité clinique dans la gestion de l’arthrose, à la fois chez les humains et chez les chiens. Il est possible de les administrer sous la forme de suppléments alimentaires ou intégrés à des aliments spécialement formulés pour les animaux souffrant d’arthrose. Pour les cas modérés, ces produits à eux seuls peuvent suffire pour contrôler la douleur. Ils peuvent être utilisés comme adjuvants pour les cas plus sévères ou afin de réduire la posologie des AINS. Ils peuvent aussi ralentir la progression clinique de la maladie. S’ils sont efficaces, on conseille de les administrer à long terme.

Les autres produits disponibles qu’il est possible d’associer au traitement de l’arthrose pour leurs effets chondroprotecteurs supposés sont le polysulfate de pentosane, le sulfate de chondroïtine et l’acide hyaluronique. Bien que certains cliniciens pensent que ces produits ont un effet positif, il n’existe pour le moment aucune preuve scientifique montrant leur efficacité lors d’arthrose chez les chats et les chiens. De la même façon, bien que l’acupuncture ait été décrite comme traitement pour l’arthrose, il n’y a eu aucune publication démontrant son efficacité. La physiothérapie et l’hydrothérapie semblent bénéfiques dans certains cas.

*Contrôle du poids

L’obésité est un élément majeur contribuant à la progression et aux symptômes de l’arthrose. L’obésité doit être limitée et les patients doivent rester minces en suivant une alimentation moins riche en calories.

*Réponses chirurgicales

En dehors de l’usure liée à l’âge, au surpoids ou à un exercice trop intensif, l’arthrose peut avoir comme origine une dysplasie de la hanche, du coude, ou toute autre dysplasie articulaire, mais également des arthrites (infectieuses, immunitaires, etc.), des fractures articulaires, ruptures ligamentaires et tout traumatisme articulaire. L’arthrose est par définition une maladie qui progresse, mais son évolution est très aléatoire. Le traitement chirurgical de ces affections, même s’il ne soigne pas définitivement l’arthrose, peut donc stopper l’évolution arthrosique. Dans certains cas, le remplacement de l’articulation abîmée (prothèse de hanche, excision-arthroplastie tête et col du fémur par exemple) supprimera de fait les lésions arthrosiques.

Que faire si l’état ne s’améliore pas ?

Plusieurs raisons peuvent expliquer l’absence d’amélioration des symptômes malgré le suivi des recommandations énoncées précédemment :

  • il y a une affection sous-jacente non diagnostiquée telle qu’une affection du LCC, une luxation patellaire, une fragmentation du processus coronoïde, une dysplasie de la hanche ou une atteinte d’un disque lombosacré

  • il y a un autre problème orthopédique non détecté en plus de l’arthrose, comme par exemple une atteinte du genou chez un chien souffrant d’arthrose au niveau des hanches.

  • il peut y avoir une arthrite septique (il convient alors de prélever un échantillon de liquide synovial pour explorer cette hypothèse)

  • l’arthrose est trop sévère pour pouvoir être traitée avec un traitement médical.

Lorsqu’il n’y a qu’une seule articulation à l’origine de la douleur et qu’elle est réfractaire aux médicaments par voie systémique, il est possible d’effectuer une injection intra-articulaire de méthylprednisolone. Avant d’effectuer cette injection, il convient d’analyser un échantillon de liquide synovial et d’exclure la possibilité d’une infection articulaire. Il est impératif d’effectuer l’injection dans des conditions stériles afin d’éviter l’introduction d’un agent pathogène car la présence de corticoïdes dans l’articulation compromet les mécanismes immunitaires locaux.

Pour certains des problèmes mentionnés précédemment, il existe un traitement chirurgical pouvant résoudre la douleur chronique provoquée par l’arthrose. Par exemple la prothèse de hanche totale, l’arthroplastie par excision, la prothèse de genou totale, la prothèse de coude totale ou l’arthrodèse du tarse ou du carpe.

Cependant, si après une semaine sous un traitement d’essai à base d’AINS il n’y a pas d’amélioration, il faut envisager d’autres hypothèses diagnostiques. Lorsque le client n’a pas un gros budget, le paracétamol reste une bonne option, comparé à d’autres AINS de nouvelle génération qui sont plus chers, pour contrôler la douleur d’un chien souffrant d’arthrose chronique. Il convient de faire attention à ne pas en administrer aux chats, et de respecter les doses prescrites pour éviter toute intoxication.

Le cas de Elvis

décembre 6th, 2014 | Redigé par admin in Cas cliniques - (0 Comments)

Elvis, le cane corso de Virginie, a aujourd’hui 8 ans et court comme un lapin. Mais ce n’était pas gagné d’avance. Très jeune, Elvis a manifesté de graves symptômes d’une dysplasie de la hanche qui l’handicapait beaucoup. Elvis boitait en permanence, présentait une fonte musculaire et une douleur aiguë à l’extension de ses hanches. « Il avait les pattes arrière complètement tordues et avait du mal à marcher », se souvient Virginie. Elle l’a donc confié au docteur Benaïm, qui témoigne : « La dysplasie est une affection fréquente touchant principalement les chiens de grande race, qui est due à un développement anormal de la hanche lors de la croissance du chiot. L’hérédité est un facteur majeur de la dysplasie. Il peut arriver néanmoins que les parents soient indemnes mais qu’ils possèdent tout de même des gènes de la maladie. »

Elvis aujourd'hui

Elvis aujourd’hui

Quels sont les signes d’une dysplasie ?

La dysplasie de la hanche engendre une laxité de l’articulation de la hanche. De ce fait, la tête fémorale et le cotyle (cavité articulaire) se déforment en s’aplatissant. De l’arthrose apparaît sur l’articulation et est cause de douleurs. Parfois, l’articulation peut être si modifiée que suite à un traumatisme mineur, elle peut se luxer. L’animal se met alors subitement à boiter. La réduction de la luxation (remise en place) est généralement inefficace car la hanche est trop modifiée.

Généralement les signes cliniques de dysplasie coxo-fémorale peuvent être décelés vers l’âge de 3 mois (il existe alors des traitements chirurgicaux précoces très efficaces) mais le diagnostic est plus souvent réalisé vers 8 à 12 mois, comme ce fut le cas pour Elvis.

Certains chiens ne montrent les premiers signes de dysplasie que vers 2 ans, voire quand ils sont âgés. Les signes cliniques d’un problème peuvent d’abord apparaître comme une intolérance à l’exercice. Les sauts de lapin, la difficulté à se lever après un repos, une boiterie sur un postérieur, et l’atrophie des muscles des postérieurs sont des signes caractéristiques.

La luxation de la hanche est une autre indication de chirurgie. Si des signes d’arthrose sont présents lors de luxation de la hanche, ou en cas de luxation ancienne, la hanche ne peut être remise en place dans le cotyle. Une prothèse totale de hanche ou une résection arthroplastie  de la tête et du col fémoraux sont alors indiqués. Les fractures graves de l’acétabulum ou de la tête ou du col fémoraux ne peuvent parfois pas être réparées.

Une forme de dégénérescence de l’articulation coxo-fémorale, appelée maladie de Legg-Perthes-Calve existe chez les petits chiens en raison d’une altération de la vascularisation de la tête fémorale. Cette maladie provoque l’effondrement de la tête du fémur et il en résulte de la douleur.

But de l’opération

L’animal est  anesthésié. Le membre et la hanche à opérer sont entièrement tondus. Une incision est réalisée sur la région de la hanche. L’articulation coxo-fémorale est exposée et la tête et le col fémoraux sont ôtés. Les plans musculaires, graisseux et cutané sont refermés. Si nécessaire, la tête fémorale est envoyée pour analyse histologique.

Après la chirurgie, des tissus fibreux se forment dans la région de l’articulation coxo-fémorale, empêchant ainsi le contact os contre os. La masse musculaire maintient la hanche en place. La patte opérée sera légèrement plus courte qu’en pré-opératoire, mais cela ne cause aucun problème fonctionnel.

Convalescence

Virginie pensait que son chien ne marcherait jamais correctement, et qu’il courrait encore moins. « Mais l’opération a extrêmement bien fonctionné et un an après, tout était oublié, Elvis courait très bien. David s’en est très bien occupé ». Le docteur Benaïm l’atteste : « La plupart des animaux vont bien après cette intervention. Ils commencent à poser la patte et à s’y appuyer dans les deux semaines suivant la chirurgie. L’appui se montre progressivement plus franc et la récupération est complète en 2 à 3 mois. A noter que pour les animaux de plus grande taille, une faiblesse peut être observée sur le membre opéré. Ceci est dû à la musculature supportant la hanche, un exercice trop important pouvant mener l’animal à boiter. Des anti-inflammatoires peuvent soulager l’animal en cas de besoin. Elvis, quant à lui, a récupéré en 2 mois une locomotion quasi normale. »

Quels soins post-opératoires?

Des soins sont évidemment prodigués à l’animal opéré, le contrôle de la douleur post-opératoire est gérée au besoin avec de la morphine. Une fois de retour à la maison, des médicaments seront prescrits pendant quelques jours.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’activité n’est pas limitée après la chirurgie. En fait, l’exercice permet de limiter la formation d’adhérences et donc de maintenir la mobilité de l’articulation de la hanche. La rééducation doit être réalisée jusqu’à ce que l’animal utilise normalement sa patte. Ceci consiste en des mouvements de flexion et d’extension de l’articulation de la hanche. La nage, lorsqu’elle est possible, est une autre forme de physiothérapie. Il est aussi recommandé que des séances de rééducation soit réalisées avec le vétérinaire du service de rééducation fonctionnelle.