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Les tumeurs des glandes mammaires sont fréquentes chez les chiennes âgées (> 10 ans), elles se développent généralement chez un quart des chiennes non stérilisées. Les spaniels, caniches, teckels et bergers allemand sont particulièrement prédisposés. Il est possible de réduire significativement leur incidence en réalisant une ovariectomie ou ovario-hystérectomie chez les jeunes chiennes. Lorsqu’on les stérilise avant leurs premières chaleurs, le risque de tumeur mammaire devient négligeable, et il est divisé par 10 avant les deuxièmes chaleurs. Une stérilisation plus tardive peut diminuer le risque de développement d’une tumeur bénigne mais elle n’a pas d’effet sur le risque d’apparition d’une tumeur maligne. Les tumeurs mammaires sont rares chez les chiens mâles, qu’ils soient entiers ou castrés.

Le développement d’une tumeur mammaire est, au moins en partie, sous influence hormonale, et les traitements à base de progestatifs pour retarder les chaleurs chez les chiennes entières augmentent l’incidence des tumeurs bénignes, mais pas des malignes. Au contraire des humains, il n’a pas été prouvé qu’une gestation ou une lactation précoce ait un effet protecteur.

Signes cliniques

Généralement, le propriétaire a remarqué l’apparition d’une masse abdominale ventrale. Mais il arrive également souvent qu’il ne la remarque pas et que le vétérinaire la détecte au cours de l’examen clinique annuel pour le rappel de vaccination. La plupart des tumeurs mammaires sont encore asymptomatiques lorsque le chien est présenté en consultation ou lorsque le vétérinaire la détecte avant de faire le vaccin. En revanche, lorsqu’elle a eu le temps de se développer, le chien peut présenter des symptômes associés à la présence de métastases (ex: toux ou dyspnée lors de métastases pulmonaires). Les tumeurs mammaires sont souvent localisées au niveau des glandes caudales, et peuvent se présenter comme une masse ou un nodule de n’importe quelle taille. Elles sont fixées dans la peau ou dans le tissu sous-jacent, et elles peuvent être associées à un mamelon ou non. Dans la moitié des cas, soit il y a déjà plusieurs masses qui sont présentes, soit lorsque la masse est encore unique, d’autres se développeront. Un carcinome inflammatoire est une forme très invasive de tumeur mammaire (produisant beaucoup de métastases) ; il se présente comme un gonflement très douloureux, érythémateux et œdémateux de la glande mammaire ainsi que de la partie proximale du membre. On observe alors souvent des signes d’atteinte systémique tels qu’une léthargie ; il faut donc faire attention à ne pas confondre cette présentation clinique avec celle d’une mammite aiguë.

Techniques diagnostiques spécifiques

Il est généralement assez facile d’écarter les autres hypothèses diagnostiques correspondant au gonflement d’une mamelle en se basant sur une anamnèse et un examen clinique complets. Il est possible de trouver des nodules hyperplasiques chez les chiennes non gestantes lorsqu’elles sont en metœstrus, ou juste après l’administration de progestatifs. Lorsque la chienne a mis bas récemment, il ne faut pas oublier d’envisager la possibilité d’une mammite ou d’une ectasie canalaire (dilatation après un blocage). Les cliniciens doivent aussi penser aux autres types de tumeurs pouvant être présentes dans cette région mais ne dérivant pas du tissu mammaire (ex : lipome ou mastocytome). Lorsque l’on détecte la présence d’une masse, il est essentiel de bien palper toutes les glandes mammaires, ainsi que les nœuds lymphatiques régionaux (axillaires et inguinaux superficiels). On peut détecter une adénomégalie des nœuds lymphatiques lombo­ aortiques par toucher rectal. Il faut noter la taille de toutes les masses identifiées. Les indices de malignité d’une tumeur mammaire en faveur d’un pronostic assez mauvais sont une taille supérieure à 3 cm, une augmentation rapide de volume, une infiltration des tissus environnants, une ulcération ou la présence de plusieurs nodules. Il n’est cependant pas possible de faire la différence entre une masse maligne ou bénigne en se basant uniquement sur la palpation. De plus, comme la majorité des tumeurs mammaires sont de nature assez hétérogène, un examen cytologique ne permet pas toujours de déterminer cette information. Il est conseillé de réaliser une cytoponction à l’aiguille fine lorsqu’on détecte une masse mammaire afin d’exclure en premier lieu les autres hypothèses diagnostiques, plutôt que directement dans le but de déterminer le comportement de la tumeur. On ne pourra établir la nature de la tumeur ainsi que son évolution la plus probable qu’à l’aide d’un examen histologique (généralement effectué après excision). Ce n’est pas parce qu’il est difficile de différencier une masse mammaire bénigne d’une masse maligne sans biopsie, qu’il faut attendre de voir comment elle évolue, car les tumeurs bénignes ont tendance à devenir malignes avec le temps. Il est conseillé d’intervenir le plus précocement possible afin d’éviter qu’une petite masse pouvant être retirée avec une chirurgie curative simple, ne s’aggrave au point de nécessiter une chirurgie plus complexe, ou ne produise des métastases à distance.

Quel traitement ?

La chirurgie est le traitement de choix de toutes les tumeurs mammaires, à l’exception des carcinomes inflammatoires ou lorsqu’il y a des métastases à distance. Ces deux dernières conditions comportent un pronostic très mauvais. L’exérèse locale est l’opération la plus indiquée pour une masse de petite taille (moins d’l cm de diamètre). Une telle opération, qui correspond au final à une biopsie excisionnelle, est généralement curative lors de lésion bénigne, et si elle est correctement réalisée, n’empêche pas d’effectuer une chirurgie plus invasive si la lésion s’avère être maligne ou si les marges étaient insuffisantes. Si la masse mesure plus d’un cm, ou si elle présente des caractéristiques de tumeur maligne, il faut faire un bilan d’extension avant d’opérer. Il convient également d’envisager l’exérèse chirurgicale comme si l’on savait que la masse est maligne.

Lorsque l’on suspecte une masse d’être maligne, le bilan d’extension doit comporter une NF sanguine, une biochimie, une aspiration à l’aiguille fine des nœuds lymphatiques régionaux hypertrophiés, une radiographie thoracique (pour rechercher la présence de métastases pulmonaires ou d’une adénomégalie en région sternale) ainsi qu’une échographie abdominale. La tumeur métastase généralement via les voies lymphatiques; on les retrouve souvent dans le parenchyme pulmonaire, le parenchyme hépatique ou les nœuds lymphatiques lombo-aortiques ou sternaux. On réalisera une biopsie incisionnelle lorsque la masse est de taille importante, lorsqu’il y a plusieurs masses, ou si l’on détecte des signes de malignité. On pourra ensuite utiliser les informations fournies par la biopsie afin d’envisager la meilleure solution chirurgicale curative.

Lorsqu’il n’y a qu’une seule masse de plus d’un cm, on retirera une partie ou la glande mammaire en entier afin de respecter des marges de 2-3 cm. Lorsqu’il y a de multiples masses, on conseille de retirer d’autres glandes mammaires. Il est généralement moins traumatisant de retirer les glandes en respectant leur unité anatomique (par exemple, en retirant les glandes 4 et 5 ensemble), plutôt que d’effectuer de multiples mastectomies partielles. Il faut retirer le nœud lymphatique inguinal superficiel avec la glande 5 en bloc. Lorsque l’examen cytologique indique que la tumeur est invasive, il faut essayer de retirer le nœud lymphatique axillaire avec la glande.

On doit retirer toute la chaîne mammaire si plusieurs tumeurs affectent plusieurs glandes. Cette opération n’est pas d’un meilleur pronostic, mais elle est moins traumatisante que plusieurs mastectomies. On ne pourra envisager de retirer les deux chaînes mammaires dans un but prophylactique, que chez de jeunes chiens présentant des masses multiples et dont la probabilité d’apparition de nouvelles masses est élevée. La réalisation d’une ovario-hystérectomie en même temps que l’exérèse de la masse mammaire n’est pas forcément bénéfique et augmente considérablement la morbidité de l’opération.

Si l’on constate au cours de l’opération que la masse est très infiltrante ou qu’elle est fixée à des structures musculaires plus profondes, il ne faut pas se contenter de la retirer avec une simple exérèse. Il faut également effectuer une biopsie incisionnelle, refermer l’animal et le référer pour qu’il bénéficie d’un examen d’imagerie de pointe, et potentiellement d’une chirurgie reconstructrice.

A l’heure actuelle, ni la radiothérapie, ni la chimiothérapie ne représentent le traitement de choix d’une tumeur mammaire. La meilleure solution est d’effectuer une évaluation complète du patient puis de réaliser une première opération adaptée afin d’optimiser le pronostic. Indépendamment du type d’opération choisie, il faut envoyer le tissu retiré pour analyse histopathologique afin de déterminer la nature de la tumeur et de vérifier les marges d’excision. Dans la vaste majorité des cas, une exérèse complète d’une masse de petite taille qu’elle soit bénigne, ou maligne mais encore localisée, sera curative.

Que faire si l’état ne s’améliore pas ?

Chez les chiennes stérilisées, plus de la moitié des tumeurs mammaires sont des adénomes bénins, et leur description histologique (simple, complexe, canalaire, papillaire ou fibroadénome) n’a aucune incidence sur le pronostic. Il n’en est pas de même pour les carcinomes, car si la tumeur est décrite comme simple, elle sera probablement plus agressive qu’un carcinome complexe ou localisé. Les sarcomes forment des métastases plus facilement, mais ils sont plus rares que les carcinomes. Les carcinomes inflammatoires ont un pronostic désespéré et il n’existe aucune option thérapeutique viable.

Si une lésion bénigne a été entièrement retirée, il suffit simplement de revoir l’animal régulièrement afin de surveiller l’éventuelle apparition de nouvelles tumeurs. Il est de même très probable que l’exérèse d’un carcinome peu agressif à l’histologie et bien encapsulé soit curative. La moyenne de survie des chiens ayant subi une exérèse complète d’une ou plusieurs masses malignes agressives mais sans néovascularisation, ni invasion des vaisseaux lymphatiques visible à l’histologie, est supérieure à un an. Si l’exérèse d’une tumeur maligne biendélimitée ou d’une tumeur bénigne est incomplète, il faut opérer à nouveau l’animal (par exemple, retirer la glande complète si l’on n’a effectué qu’une exérèse locale). Lorsque l’histologie met en évidence une invasion vasculaire ou lymphatique, le pronostic est plus réservé, et l’espérance de survie moyenne est d’environ 3 mois. Il est recommandé d’examiner régulièrement l’animal et de demander conseil à un vétérinaire spécialisé en oncologie afin de savoir s’il vaut mieux opérer à nouveau l’animal, ou démarrer une chimiothérapie adjuvante.

Si le budget du propriétaire ne permet pas de retirer la masse chirurgicalement, il est essentiel de suivre l’animal de près. Certaines masses mammaires bénignes peuvent devenir de taille très importante avant de s’ouvrir, alors que les masses malignes peuvent s’ulcérer plus rapidement. Dans les deux cas, on conseille de traiter l’ouverture comme une plaie classique, tout en gardant à l’esprit qu’elles ne pourront probablement pas cicatriser. Il ne coûte quasiment rien de prescrire un analgésique, d’effectuer des soins palliatifs et de surveiller l’alimentation lors d’un cancer.

On envisagera de référer les animaux qui présentent une masse de grande taille, très étendue ou infiltrant le plan musculaire nécessitant une chirurgie très invasive et de maîtriser les techniques de reconstruction. On conseille également de référer les animaux nécessitant une deuxième opération chirurgicale après une première exérèse incomplète. Si l’histologie met en évidence une invasion de la masse par des structures vasculaires ou lymphatiques, ou s’il y a des métastases microscopiques, il faut consulter un oncologue ; cependant, une chimiothérapie n’apportera pas un bénéfice très important. Au contraire des humains, les thérapies hormonales (ex : tamoxifène) ne sont pas adaptées aux chiens.

La toux chez le chien et le chat

mars 10th, 2016 | Redigé par admin in Toux - (0 Comments)
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La toux est un mécanisme de protection qui vise à expulser le matériel (sécrétions ou particules inhalées) se trouvant dans le pharynx ou l’arbre bronchique. Elle peut être provoquée par la présence de particules, d’une congestion pulmonaire, d’une compression intra ou extra-luminale des voies respiratoires, de températures ambiantes extrêmes, de fumée irritante, de divers médiateurs inflammatoires ou de la production excessive de mucus. On est plus fréquemment confronté à de la toux chez les chiens que chez les chats. Lorsque la toux persiste durant deux mois ou plus, on la qualifiera de chronique. Il faut différencier la toux de tentatives de vomissement ou lorsque l’animal donne l’impression de s’étouffer, car ces signes indiquent généralement plutôt un trouble d’origine pharyngée ou gastro-intestinale.

Principaux diagnostics différentiels

Chez les chiens

Affection des voies respiratoires supérieures

  • Trachéo-bronchite aiguë (« toux de chenil »)

  • Paralysie laryngée

  • Collapsus trachéal

  • Strongylose respiratoire (Oslerus os/eri)

Affection des voies respiratoires inférieures

  • Bronchite chronique

  • Corps étranger situé dans les voies respiratoires

  • Bronchopneumopathie éosinophilique

Affection du parenchyme pulmonaire

  • Pneumonie (d’aspiration ou infectieuse)

  • Hémorragie intra-pulmonaire (envisager un trauma­tisme ou un trouble de la coagulation secondaire à Angiostrongylus vasorum)

  • Tumeur pulmonaire (primaire ou métastase)

  • Fibrose pulmonaire idiopathique

Affection cardiaque

  • Insuffisance cardiaque congestive gauche

  • Dilatation de l’atrium gauche comprimant les voies respiratoires

Affection médiastinale

  • Tumeur (ex : thymome, lymphome)

Chez les chats

Affection respiratoire supérieure

  • Bronchite aiguë (ex : infection par Bordetella bronchiseptica)

  • Bronchite chronique Syndrome asthmatique félin

  • Tumeur pulmonaire/bronchique

  • Corps étranger dans les voies respiratoires

  • Strongylose respiratoire (Aelurostrongylus abstrusus)

Affection du parenchyme pulmonaire

  • Pneumonie (bactérienne ou par un mycoplasme)

Affection médiastinale

  • Tumeur médiastinale (ex : thynome, lymphome)

Approche diagnostique

La première étape pour déterminer l’origine de la toux est d’établir si elle résulte d’un problème cardiaque ou respiratoire. Le diagnostic d’une affection cardiaque est relativement simple. Au contraire des chiens, les chats souffrant d’une maladie cardiaque toussent rarement, il faut donc plutôt s’orienter sur une affection d’origine respiratoire lors de toux.

Bien qu’il soit important de garder l’esprit ouvert pour lister les hypothèses diagnostiques d’une affection respiratoire, il faut tout de même savoir qu’il existe des prédispositions à de nombreuses affections cardio­-respiratoires liées à l’âge et à la race. Il est également utile de recueillir des informations concernant son statut vaccinal, le programme de vermifugation, les contacts éventuels avec d’autres chiens/chats ou la faune sauvage (ex : renards), les voyages effectués à l’étranger et des détails sur son environnement. On peut trouver beaucoup d’indices sur l’origine de la toux dans l’anamnèse. La trachéo-bronchite aiguë est à l’origine d’une toux caractéristique pouvant se déclarer à la suite d’un séjour dans un chenil ou de contact avec d’autres chiens. Une toux aigüe d’apparition brutale est souvent associée à l’inhalation d’un corps étranger. Une bronchite chronique engendre typiquement une aggravation de la toux après période de repos/couchage (ex : le matin), alors qu’une paralysie laryngée engendre typiquement une toux et un stridor respiratoire provoqués par l’activité ou l’excitation. Lors de collapsus trachéal, on entend généralement une toux quinteuse déclenchée par l’excitation. Les signes pouvant indiquer un problème plus sévère ou généralisé incluent une dyspnée, une syncope, une intolérance à l’exercice, une léthargie, un manque d’appétit ou une perte de poids.

L’auscultation du thorax représente une partie importante de l’examen d’un animal présenté pour une toux, car elle peut aider à différencier une affection cardiaque d’une affection respiratoire.

Les éléments de l’examen clinique en faveur d’une atteinte cardiaque sont :

  • La présence d’un souffle au cœur et/ou d’un bruit de galop

  • La disparition de l’arythmie sinusale (pour les chiens)

  • Une augmentation de la fréquence cardiaque – typiquement supérieure à 140 bpm pour les chiens et 200 bpm pour les chats.

La qualité du pouls fémoral peut être altérée ou non chez un insuffisant cardiaque. Notez que la présence d’un souffle cardiaque seul ne signifie pas nécessairement que la toux est provoquée par une affection cardiaque. Il est fréquent chez les chiens d’entendre un souffle lors de dégénérescence de la valve mitrale, mais beaucoup de ces animaux ne développeront pas d’insuffisance cardiaque congestive avant plusieurs années.

L’auscultation des voies respiratoires supérieures et du champ pulmonaire permettra d’évaluer l’intensité des bruits pulmonaires normaux et d’identifier les bruits adventices (anormaux). Dans la majorité des cas, la présence de bruits anormaux n’est pas suffisamment spécifique pour confirmer un diagnostic, mais certains éléments peuvent suggérer certaines maladies en particulier. Par exemple, un bruit expiratoire sifflant, chez un chat oriente fortement vers une atteinte des voies respiratoires inférieures (asthme ou bronchite chronique), et la présence de craquements diffus et sévères chez un chien de petite race ne montrant pas de signe d’insuffisance cardiaque oriente vers une fibrose pulmonaire. Cependant, il est nécessaire de poursuivre les investigations pour confirmer ces différents diagnostics. L’auscultation thoracique est une technique assez peu sensible pour détecter des modifications pulmonaires telles qu’un œdème modéré, il est donc préférable de ne pas trop s’y fier pour établir le diagnostic définitif.

A l’exception de la toux de chenil, la majorité des cas de toux nécessiteront de poursuivre les investigations afin d’évaluer sa sévérité et de trancher clairement entre une origine respiratoire ou cardiaque. La nature et le type d’investigation dépendra de si l’on suspecte une origine cardiaque ou respiratoire, de la sévérité des symptômes, de l’indice de suspicion des cifférentes hypothèses diagnostiques et de la présence ou de l’absence d’autres symptômes concomitants. En première intention, l’examen complémentaire le plus recommandé est une radiographie du thorax. Pour pouvoir l’évaluer en entier, on effectuera une incidence dorso-ventrale ou ventro-dorsale ainsi qu’une incidence latérale droite ± gauche. Une insuffisance cardiaque congestive gauche est presque toujours accompagnée d’une augmentation de la taille de la silhouette cardiaque, et elle est également caractérisée par la présence d’une congestion veineuse pulmonaire et d’un œdème pulmonaire.

Pour poursuivre l’exploration d’un problème cardiaque, on conseille d’effectuer un ECG standard enregistré sur six dérivations (en particulier lorsqu’on a détecté une arythmie au cours de l’examen physique) ainsi qu’une échocardiographie (afin d’évaluer la fonction cardiaque, la taille des chambres et de déterminer l’origine de l’affection cardiaque présente). La réalisation et l’interprétation d’un ECG est possible dans la plupart des cliniques, mais il est nécessaire de référer l’animal à un spécialiste pour effectuer une échocardiographie. Le choix de la réalisation ou non de ces examens dépend de nombreux facteurs tels que la sévérité du cas, la confiance du clinicien en son diagnostic et les souhaits du client.

Pour poursuivre les investigations, le clinicien peut réaliser plusieurs (voire tous) examens :

  • Examen des voies respiratoires supérieures et de la fonction laryngée sous anesthésie générale légère

  • Évaluation radiographique de la trachée. Il faut l’effectuer après extubation, au moment de l’inspiration et de l’expiration maximales si l’on suspecte un collapsus trachéal.

  • Coproscopie (les échantillons de fèces doivent être obtenus sur 3 jours) et/ou traitement d’essai avec un anti-parasitaire actif contre les strongles respiratoires et Angiostrongylus vasorum.

  • Bronchoscopie, lavage broncho-alvéolaire pour analyse cytologique ± culture bactérienne et antibiogramme. Ces techniques avancées doivent être réalisées par des cliniciens qui ont reçu une formation spécifique.

  • Une PCR pour recherche des principaux agents pathogènes à tropisme respiratoire

  • Une NF sanguine complète et un examen biochimique complet qui peuvent être utiles avant de prescrire certains médicaments.

Il arrive qu’il soit difficile de déterminer l’origine de la toux chez les chiens qui présentent une affection respiratoire et cardiaque en même temps, en particulier si la première est responsable de la toux. Dans ces cas-là, il est possible de mettre en place un traitement d’essai, d’effectuer un ECG (surtout pour évaluer la taille de l’atrium gauche) et/ou de doser le fragment N-terminal du propeptide du peptide natriurétique de type B canin (NT pro-BNP) .

Quel traitement ?

Pour que le traitement d’une toux soit efficace, il faut que son origine ait été identifiée et traitée en conséquence. Parfois, l’anamnèse et les signes cliniques peuvent suffire pour démarrer un traitement empirique (ex: toux de chenil). Cependant, dans la majorité des cas, il faudra effectuer des examens complémentaires avant de pouvoir envisager un traitement spécifique. Les traitements suivants sont les plus couramment utilisés pour traiter la toux :

  • Gestion de l’insuffisance cardiaque congestive

  • Traitement antiparasitaire – indiqué pour traiter les strongyloses respiratoires ou une infestation par Angiostrongy/us vasorum

  • Antibiotiques – indiqués pour les infections bactériennes des voies respiratoires supérieures et inférieures, ainsi que lors de pneumonie bactérienne

  • Thérapie anti-tussive (ex : butorphanol) – utile lors de toux de chenil ou de bronchite chronique réfractaire, mais il faut l’éviter s’il y a une inflammation active ou une infection sévère (ex : pneumonie)

  • Bronchodilatateurs – utiles pour traiter certaines affections telles que l’asthme félin, le collapsus trachéal ou une bronchite chronique réfractaire

Pour aider à diminuer la sévérité de la toux, il est également recommandé de faire maigrir les animaux obèses, d’utiliser un harnais au lieu d’un collier ainsi que d’éviter l’exposition à des produits irritants pour les voies respiratoires.

Que faire si son état ne s’améliore pas ?

La majorité des infections virales/bactériennes modérées guériront ou s’amélioreront de façon marquée après une à deux semaines d’antibiothérapie adaptée. L’insuffisance cardiaque congestive gauche s’améliore généralement après un à deux jours de traitement. Si la toux persiste au-delà de cette période malgré un traitement correct, il faut revoir le diagnostic et la stratégie thérapeutique. Il faudra parfois poursuivre les investigations pour aboutir à un diagnostic plus spécifique. Par exemple, les cliniciens remarqueront qu’il est fréquent qu’un animal présente une affection respiratoire et cardiaque en même temps, et que même pour les chiens montrant des signes évidents d’atteinte cardiaque, on ne peut pas toujours affirmer sans preuve que la toux est d’origine cardiaque. Si le diagnostic est certain, il est possible de changer de médicament ou de posologie. Par exemple, les antibiotiques ne sont généralement pas efficaces lors de bronchite chronique ; en revanche, les corticoïdes permettent de diminuer l’inflammation des voies respiratoires et d’améliorer les symptômes de façon nette. Les clients doivent également être informés que certaines maladies sont Incurables et que le traitement sera à vie. Pour d’autres situations, comme lors de métastases pulmonaires, le pronostic est désespéré.

On limitera les frais au maximum en établissant un diagnostic et en mettant en place un traitement aussi rapidement et efficacement que possible. Parfois, l’examen clinique et l’anamnèse seuls seront suffisants, mais l’approche la plus efficace à long terme est de choisir avec soin les examens complémentaires à réaliser lors des premières consultations. Quand le client ne souhaite pas réaliser d’autres examens complémentaires à cause de leur prix, le clinicien devra alors initier une ou plusieurs des stratégies thérapeutiques mentionnées précédemment en fonction des résultats des tests déjà effectués et de son degré de suspicion vis-à-vis des différentes hypothèses diagnostiques. Par exemple,les propriétaires d’un vieux chien atteint d’une insuffisance cardiaque congestive préféreront parfois essayer un traitement plutôt que de prendre des clichés radiographiques du thorax.

Cependant, les propriétaires doivent être avertis que dans ces circonstances, le pronostic ne peut pas être aussi certain que si un diagnostic définitif avait pu être établi. Malgré ceci, il est tout de même possible que l’état de l’animal s’améliore pour un certain nombre d’affections cardio-respiratoires après un traitement d’essai basé uniquement sur l’examen clinique seul ; parmi celles-ci, on compte notamment l’insuffisance cardiaque congestive, une infection bactérienne des voies respiratoires supérieures ou inférieures, une pneumonie bactérienne, une pneumonie à mycoplasme, une bronchite chronique, une strongylose respiratoire, une infestation par Angiostrongylus ou de l’asthme félin.

Bien que de nombreuses causes de toux chez le chien et le chat requièrent un traitement à long terme, certains médicaments couramment utilisés sont assez peu chers, comme le furosémide, la digoxine, les sulfamides potentialisés, l’oxytétracycline, la prednisolone ou la codéine.