Egg laying hens at free range farm

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Les volailles (poules, coqs, poulets) ont une intelligence et un comportement plus complexes que ce que l’on pense d’eux.

A travers un passage en revue des dernières recherches concernant la psychologie, le comportement et les émotions des poulets, publiées dans la revue Animal Cognition de Springer, la chercheuse Lori Marino estime que leur intelligence a été largement sous-estimée.

« Ils sont perçus comme manquant de la plupart des caractéristiques psychologiques que nous reconnaissons dans d’autres animaux intelligents et sont généralement considérés comme possédant un faible niveau d’intelligence par rapport à d’autres animaux », explique-t-elle. « L’idée même de la psychologie du poulet est étrange pour la plupart des gens. »

Parmi les différentes catégories examinées dans cette revue:

→ Connaissance visuelle et orientation spatiale

Les poussins ont une capacité assez forte pour récupérer un objet partiellement caché et certaines capacités pour récupérer un objet complètement caché.

En outre, les expériences avec des poussins domestiques nouvellement éclos montrent qu’ils sont capables de discriminer des quantités et des formes simples d’ordinalité – prendre des objets dans un certain ordre. Les capacités sont en ligne avec les capacités arithmétiques de base d’autres animaux.

→ Perception du temps / anticipation des événements futurs

Les poulets sont capables de se souvenir de la trajectoire d’une boule cachée pendant 180 secondes s’ils ont pu l’observer. Dans ces cas, les poulets ont fait aussi bien que la plupart des primates dans des conditions similaires.

Les poulets ont également montré une capacité de maîtrise de soi. Lorsqu’on leur donne le choix entre un délai de 2 secondes suivi d’un accès à la nourriture pendant 3 secondes ou un délai de 6 secondes suivi d’un accès pendant 22 secondes, les poules optent pour la seconde option !

→ La communication

La communication du poulet se compose d’un vaste répertoire d’au moins 24 vocalisations distinctes, ainsi que de différents affichages visuels. Dans un affichage de communication référentielle, les coqs ont des appels d’alarme distincts pour différents types de prédateurs (un rapace, un raton-laveur, un renard etc). Ils vont également ajuster ces appels en fonction de la situation, comme appeler plus longtemps quand le prédateur est partiellement ou totalement caché de la vue.

Lori Marino a conclu que la communication du poulet, « est beaucoup plus complexe que prévu initialement, suggérant l’existence d’une conscience cognitive, de flexibilité, et de capacités encore plus sophistiquées telles que la perspective-prise et la tromperie intentionnelle ou tactique ».

→ Connaissance sociale et complexité

Les poulets, comme beaucoup d’autres animaux, démontrent leur complexité cognitive lorsqu’ils sont placés dans des situations sociales leur demandant de résoudre des problèmes. Ils peuvent reconnaître qui est et n’est pas un membre de leur groupe social et sont en mesure de différencier les individus au sein de leur propre groupe.

Ils ont également démontré une forme d’apprentissage social. « Les poules qui ont regardé une poule entraînée accomplir une tâche ont été en mesure d’effectuer cette tâche correctement plus souvent que ceux qui ont regardé une autre poule non entraînée ». En outre, ils accordent plus d’attention aux individus dominants et sont plus susceptibles de suivre leur comportement.

→ Personnalité

Il y a une abondance de preuves anecdotiques sur les personnalités individuelles observées chez des poulets domestiques. De plus, des études ont été menées sur la relation entre le statut de dominance et les traits de personnalité chez les poulets mâles.

Marino a conclu que «les poulets sont aussi cognitivement, émotionnellement et socialement plus complexes que la plupart des autres oiseaux et mammifères dans de nombreux domaines, et qu’il est nécessaire de poursuivre la recherche comportementale comparative non invasive avec les poulets ainsi que d’un remaniement des vues actuelles sur leur intelligence. « 

(NewStat, 12 janvier)

massage canin chien stress vétérinaire 5 sens

Pour les vétérinaires qui souhaitent diminuer le stress de leurs petits patients, la réponse peut être juste sous leur nez… ou leurs yeux, oreilles, bouche, bref corps ! En effet, selon les auteurs du livre Canine Medical Massage : techniques and clinical applications, les vétérinaires pourraient, en manipulant les animaux de façon simple et en stimulant leurs cinq sens, réduire efficacement le stress environnemental qui les atteint souvent.

Vue : réduire la quantité de lumières fluorescentes et autres lumières, connues pour interrompre le rythme circadien naturel du corps. Minimiser les bruits offensifs et, si possible, éliminer les patients des zones à fort passage et activité incessante.

Ouïe : parce que la musique modulant les fonctions cardiaques et neurologiques, ne pas hésiter à diffuser de la musique dans les salles de consultation et la salle d’attente. La musique classique et les rythmes lents réduisent particulièrement le stress, facilitent le sommeil, et réduisent la douleur.

Odorat : mettre un diffuseur d’odeurs dans les salles de repos et les salles d’attente. Les phéromones, les fleurs de camomille, de lavande, et l’air frais réduisent l’anxiété. Au moins, il faut tâcher de minimiser les odeurs désagréables telles que la fumée de cigarette et de produits de nettoyage concentrés.

Goût : s’assurer que les patients reçoivent une alimentation bien équilibrée de haute qualité pour assurer les fonctions corporelles sans stress. De plus, s’assurer les gencives de patients sont en bonne santé, et qu’ils reçoivent des probiotiques et des fibres adéquates pour assurer une digestion facile.

Corps / Touché : masser les patients, les brosser ou les peigner réduit leur stress. Si possible, ajouter l’exercice, ou les laisser se reposer au soleil lors d’une journée douce, ou près d’une source d’air frais s’il fait plus chaud. Et jamais sous-estimer la valeur de la compagnie de l’humain !

En plus de réduire le stress, le massage médical canin et la thérapie des tissus mous ont été particulièrement efficaces sur de nombreuses conditions cliniques, y compris la dysplasie de la hanche, l’arthrose et l’épilepsie, notent les auteurs. Leur ouvrage contient ces conseils et de nombreux autres, ainsi que des séquences de massage et les conditions précises pour que le massage soit le plus efficace possible.

Livre en vente à cette adresse : https://www.aaha.org/professional/store/product_detail.aspx?code=CNMDM&title=canine_medical_massage_techniques_and_clinical_applications#gsc.tab=0

La perte de poids

juin 30th, 2016 | Redigé par admin in La perte de poids - (0 Comments)
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Chez un chien ou un chat en bon état corporel, on sentira facilement une fine couche de gras recouvrir les côtes. On pourra également voir sa taille s’affiner en arrière des côtes lorsqu’on le regarde du dessus. On s’apercevra sou­vent qu’un changement de poids a eu lieu quand cette silhouette idéale est modifiée. Cependant, le propriétaire peut se tromper quant à l’origine du changement de poids de son animal ; par exemple, les chiens présentant à la fois une distension abdominale (ex : à cause d’une ascite) et une fonte musculaire, peuvent donner l’impression à leurs propriétaires d’avoir pris du poids, alors qu’ils en ont perdu. Les animaux en croissance perdent rarement du poids, mais ils peuvent souffrir d’un retard de croissance lorsqu’ils apparaissent trop maigres pour leur âge.

Une perte de poids peut avoir beaucoup d’origines et doit toujours être considérée comme pathologique sauf si le propriétaire a lui-même réduit la quantité de nour­riture ou augmenté le niveau d’exercice de son compagnon. Lorsque la perte de poids est progressive, le propriétaire mettra plus de temps à s’en rendre compte. Il est donc conseillé de noter le poids de l’animal à chaque visite, afin de mieux apprécier tout changement.

Principaux diagnostics différentiels

Insuffisance de l’apport calorique due à :

  • Une alimentation de mauvaise qualité ou en quantité insuffisante

  • Une maladie systémique, causant une perte d’ap­ pétit ou une anorexie (ex : insuffisance rénale chronique)

  • Une impossibilité à s’alimenter, par exemple suite à un traumatisme au niveau de la tête

  • Une augmentation du niveau d’exercice ou de tra­vail

Une mauvaise absorption intestinale due à :

  • Des parasites intestinaux

  • Une atteinte gastro-intestinale (en particulier causant une malabsorption,maldigestion ou une entéropathie provoquant une fuite des protéines)

  • Une insuffisance du pancréas exocrine

Une incapacité à utiliser les calories absorbées due à :

    • Un diabète sucré

    • Une affection hépatique

    • Un syndrome néphrotique

Une augmentation du métabolisme causée par :

    • Une hyperthyroïdie (chats)

    • Une maladie infectieuse ou inflammatoire chro­nique

    • Une cachexie associée à un processus tumoral ou à une insuffisance cardiaque

Attention cependant, la perte de poids a souvent une ori­gine multifactorielle, et on hiérarchisera les hypothèses différemment selon l’âge de l’animal. Par exemple, un vieux chat qui s’amaigrit souffre très probablement d’une insuffisance rénale, d’une hyperthyroïdie, d’un diabète sucré et/ou d’un processus tumoral,alors qu’un retard de croissance chez un chiot est souvent causé par une ali­mentation inadaptée ou du parasitisme intestinal.

Approche diagnostique

Il faut obtenir une anamnèse détaillée, surtout en ce qui concerne la quantité et la qualité de l’alimentation, les dernières vermifugations, une modification de l’exercice physique, et tout autre signe clinique pouvant aider à établir le diagnostic. La durée et la sévérité de la perte de poids doit être notée. Il faut réaliser un examen clinique complet, en prêtant une attention particulière à l’état corporel ainsi qu’à tout signe de maladie sous­-jacente.

L’approche diagnostique sera influencée par l’âge de l’animal et par la présence éventuelle d’autres signes cliniques spécifiques (se reporter aux chapitres correspondants). L’urgence des recherches entreprises sera aussi influencée par la vitesse de la perte de poids. Si l’on a exclu une mauvaise prise alimentaire et qu’aucun autre signe clinique n’est flagrant, il faut faire une prise de sang pour effectuer des analyses sanguines et biochimiques (dont l’urée, la créatinine, l’albumine, les globulines, les enzymes hépatiques, les acides biliaires, le sodium, le potassium, le calcium,le phosphore et le glucose) ainsi que des analyses urinaires (densité et bandelette urinaire, et s’il y a une quantité significative de protéines faire le rapport avec la créatinine). La concentration sérique en thyroxine T4 doit aussi être mesurée chez les chats âgés. Chez les chiots et les chatons, en l’absence de signe clinique pertinent, il faut envoyer un prélèvement de fèces pour recherche de parasites et/ou prescrire un traitement vermifuge approprié avant de poursuivre les investigations.

Traitement

Si l’alimentation est incorrecte, il faut commencer par la corriger. Si un doute persiste quant au protocole de vermifugation effectué, en particulier chez les jeunes animaux, il faut en prescrire un nouveau. La plupart du temps, un traitement efficace sera basé sur l’identification et la prise en charge de la cause sous-jacente.

Si la perte de poids continue et qu’aucune cause ne peut lui être attribuée après les examens entrepris initialement, il faut poursuivre les investigations. Les radiographies de l’abdomen peuvent révéler des éléments indétectables à la palpation (ex : tumeur). Les patients atteints d’une affection gastro-intestinale ou d’une insuffisance pancréatique exocrine peuvent présenter des vomissements ou une diarrhée de façon peu fréquente, ou bien le propriétaire peut ne pas avoir remarqué les signes gastro-intestinaux (ex : chats ayant accès à l’extérieur) : chez ces patients, on recommande de doser l’immuno-réactivité du trypsinogène (TLI) ainsi que de la vitamine B12 et B0. D’autres examens complémentaires tels qu’une échographie abdominale, une endoscopie ou une biopsie peuvent être nécessaires pour établir un diagnostic définitif. Les tests de dépistage des maladies infectieuses peuvent être utiles, bien que généralement les patients montrent d’autres signes cliniques ; par exemple dans le cas du FIV, du FeLV ou de la PIF chez les chats ; ou dans le cas de la leishmaniose chez les chiens qui se sont rendus dans une région endémique.

Il est important de s’assurer que le régime alimentaire est adapté à l’animal, qu’il est correctement distribué et consommé avant de se lancer dans des tests onéreux. Chez les chiots et les chatons, il est en général plus économique de prescrire une vermifugation plutôt que d’effectuer une coproscopie de façon systématique dès que l’on soupçonne un parasitisme intestinal. Des indices sur l’origine des symptômes peuvent souvent être détectés au cours de l’examen clinique, et éviteront de réaliser des examens complémentaires inutiles.